Jaszczur. La Peau de chagrin - Honoré de Balzac

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La Peau de chagrin

A Monsieur Savary,

Membre de l'Académie des Sciences.

 

I. LE TALISMAN.

 

Vers la fin du mois d'octobre dernier, un jeune homme entra dans le Palais-Royal au moment o? les maisons de jeu s'ouvraient, conformément a la loi qui prot?ge une passion essentiellement imposable. Sans trop hésiter, il monta l'escalier du tripot désigné sous le nom de numéro 36.

- Monsieur, votre chapeau, s'il vous plaît ? lui cria d'une voix s?che et grondeuse un petit vieillard bl?me accroupi dans l'ombre, protégé par une barricade, et qui se leva soudain en montrant une figure moulée sur un type ignoble.

Quand vous entrez dans une maison de jeu, la loi commence par vous dépouiller de votre chapeau. Est-ce une parabole évangélique et providentielle ? N'est-ce pas plutôt une mani?re de conclure un contrat infernal vous en exigeant je ne sais quel gage ? Serait-ce pour vous obliger a garder un maintien respectueux devant ceux qui vont gagner votre argent ? Est-ce la police tapie dans tous les égouts sociaux qui tient a savoir le nom de votre chapelier ou le vôtre, si vous l'avez inscrit sur la coiffe ? Est-ce enfin pour prendre la mesure de votre crâne et dresser une statistique instructive sur la capacité cérébrale des joueurs ? Sur ce point l'administration garde un silence complet. Mais, sachez-le bien, a peine avez-vous fait un pas vers le tapis vert, déja votre chapeau ne vous appartient pas plus que vous ne vous appartenez a vous-m?me : vous ?tes au jeu, vous, votre fortune, votre coiffe, votre canne et votre manteau. A votre sortie, le Jeu vous démontrera, par une atroce épigramme en action, qu'il vous laisse encore quelque chose en vous rendant votre bagage. Si toutefois vous avez une coiffure neuve, vous apprendrez a vos dépens qu'il faut se faire un costume de joueur. L'étonnement manifesté par l'étranger quand il reçut une fiche numérotée en échange de son chapeau, dont heureusement les bords étaient lég?rement pelés, indiquait assez une âme encore innocente. Le petit vieillard, qui sans doute avait croupi d?s son jeune âge dans les bouillants plaisirs de la vie des joueurs, lui jeta un coup d'?il terne et sans chaleur, dans lequel un philosophe aurait vu les mis?res de l'hôpital, les vagabondages des gens ruinés, les proc?s-verbaux d'une foule d'asphyxies, les travaux forcés a perpétuité, les expatriations au Guazacoalco. Cet homme, dont la longue face blanche n'était plus nourrie que par les soupes gélatineuses de d'Arcet, présentait la pâle image de la passion réduite a son terme le plus simple. Dans ses rides il y avait trace de vieilles tortures, il devait jouer ses maigres appointements le jour m?me o? il les recevait ; semblable aux rosses sur qui les coups de fouet n'ont plus de prise, rien ne le faisait tressaillir ; les sourds gémissements des joueurs qui sortaient ruinés, leurs muettes imprécations, leurs regards hébétés, le trouvaient toujours insensible. C'était le Jeu incarné. Si le jeune homme avait contemplé ce triste Cerb?re, peut-?tre se serait-il dit : Il n'y a plus qu'un jeu de cartes dans ce c?ur-la ! L'inconnu n'écouta pas ce conseil vivant, placé la sans doute par la Providence, comme elle a mis le dégo?t a la porte de tous les mauvais lieux ; il entra résolument dans la salle o? le son de l'or exerçait une éblouissante fascination sur les sens en pleine convoitise. Ce jeune homme était probablement poussé la par la plus logique de toutes les éloquentes phrases de J.-J. Rousseau, et dont voici, je crois, la triste pensée : Oui, je conçois qu'un homme aille au Jeu ; mais c'est lorsque entre lui et la mort il ne voit plus que son dernier écu.

Le soir, les maisons de jeu n'ont qu'une poésie vulgaire, mais dont l'effet est assuré comme celui d'un drame sanguinolent. Les salles sont garnies de spectateurs et de joueurs, de vieillards indigents qui s'y traînent pour s'y réchauffer, de faces agitées, d'orgies commencées dans le vin et pr?tes a finir dans la Seine ; la passion y abonde, mais le trop grand nombre d'acteurs vous emp?che de contempler face a face le démon du jeu. La soirée est un véritable morceau d'ensemble o? la troupe enti?re crie, o? chaque instrument de l'orchestre module sa phrase. Vous verriez la beaucoup de gens honorables qui viennent y chercher des distractions et les payent comme ils payeraient le plaisir du spectacle, de la gourmandise, ou comme ils iraient dans une mansarde acheter a bas prix de cuisants regrets pour trois mois. Mais comprenez-vous tout ce que doit avoir de délire et de vigueur dans l'âme un homme qui attend avec impatience l'ouverture d'un tripot ? Entre le joueur du matin et le joueur du soir il existe la différence qui distingue le mari nonchalant de l'amant pâmé sous les fen?tres de sa belle. Le matin seulement arrivent la passion palpitante et le besoin dans sa franche horreur. En ce moment vous pourrez admirer un véritable joueur, un joueur qui n'a pas mangé, dormi, vécu, pensé, tant il était rudement flagellé par le fouet de sa martingale ; tant il souffrait travaillé par le prurit d'un coup de trente et quarante. A cette heure maudite, vous rencontrerez des yeux dont le calme effraie, des visages qui vous fascinent, des regards qui soul?vent les cartes et les dévorent. Aussi les maisons de jeu ne sont-elles sublimes qu'a l'ouverture de leurs séances. Si l'Espagne a ses combats de taureaux, si Rome a eu ses gladiateurs, Paris s'enorgueillit de son Palais-Royal, dont les agaçantes roulettes donnent le plaisir de voir couler le sang a flots, sans que les pieds du parterre risquent d'y glisser. Essayez de jeter un regard furtif sur cette ar?ne, entrez... Quelle nudité ! Les murs, couverts d'un papier gras a hauteur d'homme, n'offrent pas une seule image qui puisse rafraîchir l'âme ; il ne s'y trouve m?me pas un clou pour faciliter le suicide. Le parquet est usé, malpropre. Une table oblongue occupe le centre de la salle. La simplicité des chaises de paille pressées autour de ce tapis usé par l'or annonce une curieuse indifférence du luxe chez ces hommes qui viennent périr la pour la fortune et pour le luxe. Cette antith?se humaine se découvre partout o? l'âme réagit puissamment sur elle-m?me. L'amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la rev?tir d'un moelleux tissu d'Orient, et la plupart du temps il la poss?de sur un grabat. L'ambitieux se r?ve au faîte du pouvoir, tout en s'aplatissant dans la boue du servilisme. Le marchand vég?te au fond d'une boutique humide et malsaine, en élevant un vaste hôtel, d'o? son fils, héritier précoce, sera chassé par une licitation fraternelle. Enfin, existe-t-il chose plus déplaisante qu'une maison de plaisir ? Singulier probl?me ! Toujours en opposition avec lui-m?me, trompant ses espérances par ses maux présents, et ses maux par un avenir qui ne lui appartient pas, l'homme imprime a tous ses actes le caract?re de l'inconséquence et de la faiblesse. Ici-bas rien n'est complet que le malheur. Au moment o? le jeune homme entra dans le salon, quelques joueurs s'y trouvaient déja. Trois vieillards a t?tes chauves étaient nonchalamment assis autour du tapis vert ; leurs visages de plâtre, impassibles comme ceux des diplomates, révélaient des âmes blasées, des c?urs qui depuis long-temps avaient désappris de palpiter, m?me en risquant les biens paraphernaux d'une femme. Un jeune Italien aux cheveux noirs, au teint olivâtre, était accoudé tranquillement au bout de la table, et paraissait écouter ces pressentiments secrets qui crient fatalement a un joueur : - Oui. - Non ! Cette t?te méridionale respirait l'or et le feu. Sept ou huit spectateurs, debout, rangés de mani?re a former une galerie, attendaient les sc?nes que leur préparaient les coups du sort, les figures des acteurs, le mouvement de l'argent et celui des râteaux. Ces dés?uvrés étaient la, silencieux, immobiles, attentifs comme l'est le peuple a la Gr?ve quand le bourreau tranche une t?te. Un grand homme sec, en habit râpé, tenait un registre d'une main, et de l'autre une épingle pour marquer les passes de la Rouge ou de la Noire. C'était un de ces Tantales modernes qui vivent en marge de toutes les jouissances de leur si?cle, un de ces avares sans trésor qui jouent une mise imaginaire, esp?ce de fou raisonnable qui se consolait de ses mis?res en caressant une chim?re, qui agissait enfin avec le vice et le danger comme les jeunes pr?tres avec l'Eucharistie, quand ils disent des messes blanches. En face de la banque, un ou deux de ces fins spéculateurs, experts des chances du jeu, et semblables a d'anciens forçats qui ne s'effraient plus des gal?res, étaient venus la pour hasarder trois coups et remporter immédiatement le gain probable duquel ils vivaient. Deux vieux garçons de salle se promenaient nonchalamment les bras croisés, et de temps en temps regardaient le jardin par les fen?tres, comme pour montrer aux passants leurs plates figures, en guise d'enseigne. Le tailleur et le banquier venaient de jeter sur les ponteurs ce regard bl?me qui les tue, et disaient d'une voix gr?le : - Faites le jeu ! quand le jeune homme ouvrit la porte. Le silence devint en quelque sorte plus profond, et les t?tes se tourn?rent vers le nouveau venu par curiosité. Chose inou?e ! les vieillards émoussés, les employés pétrifiés, les spectateurs, et jusqu'au fanatique Italien, tous en voyant l'inconnu éprouv?rent je ne sais quel sentiment épouvantable. Ne faut-il pas ?tre bien malheureux pour obtenir de la pitié, bien faible pour exciter une sympathie, ou d'un bien sinistre aspect pour faire frissonner les âmes dans cette salle o? les douleurs doivent ?tre muettes, la mis?re gaie, le désespoir décent ! Eh bien ! il y avait de tout cela dans la sensation neuve qui remua ces c?urs glacés quand le jeune homme entra. Mais les bourreaux n'ont-ils pas quelquefois pleuré sur les vierges dont les blondes t?tes devaient ?tre coupées a un signal de la Révolution ? Au premier coup d'?il les joueurs lurent sur le visage du novice quelque horrible myst?re : ses jeunes traits étaient empreints d'une grâce nébuleuse, son regard attestait des efforts trahis, mille espérances trompées ! La morne impassibilité du suicide donnait a son front une pâleur mate et maladive, un sourire amer dessinait de légers plis dans les coins de sa bouche, et sa physionomie exprimait une résignation qui faisait mal a voir. Quelque secret génie scintillait au fond de ses yeux, voilés peut-?tre par les fatigues du plaisir. Était-ce la débauche qui marquait de son sale cachet cette noble figure jadis pure et br?lante, maintenant dégradée ? Les médecins auraient sans doute attribué a des lésions au c?ur ou a la poitrine le cercle jaune qui encadrait les paupi?res, et la rongeur qui marquait les joues, tandis que les po?tes eussent voulu reconnaître a ces signes les ravages de la science, les traces de nuits passées a la lueur d'une lampe studieuse. Mais une passion plus mortelle que la maladie, une maladie plus impitoyable que l'étude et le génie, altéraient cette jeune t?te, contractaient ces muscles vivaces, tordaient ce c?ur qu'avaient seulement effleuré les orgies, l'étude et la maladie. Comme, lorsqu'un cél?bre criminel arrive au bagne, les condamnés l'accueillent avec respect, ainsi tous ces démons humains, experts en tortures, salu?rent une douleur inou?e, une blessure profonde que sondait leur regard, et reconnurent un de leurs princes a la majesté de sa muette ironie, a l'élégante mis?re de ses v?tements. Le jeune homme avait bien un frac de bon go?t, mais la jonction de son gilet et de sa cravate était trop savamment maintenue pour qu'on lui supposât du linge. Ses mains, jolies comme des mains de femme, étaient d'une douteuse propreté ; enfin depuis deux jours il ne portait plus de gants ! Si le tailleur et les garçons de salle eux-m?mes frissonn?rent, c'est que les enchantements de l'innocence florissaient par vestiges dans ses formes gr?les et fines, dans ses cheveux blonds et rares, naturellement bouclés. Cette figure avait encore vingt-cinq ans, et le vice paraissait n'y ?tre qu'un accident. La verte vie de la jeunesse y luttait encore avec les ravages d'une impuissante lubricité. Les tén?bres et la lumi?re, le néant et l'existence s'y combattaient en produisant tout a la fois de la grâce et de l'horreur. Le jeune homme se présentait la comme un ange sans rayons, égaré dans sa route. Aussi tous ces professeurs émérites de vice et d'infamie, semblables a une vieille femme édentée, prise de pitié a l'aspect d'une belle fille qui s'offre a la corruption, furent-ils pr?ts a crier au novice : - Sortez ! Celui-ci marcha droit a la table, s'y tint debout, jeta sans calcul sur le tapis une pi?ce d'or qu'il avait a la main, et qui roula sur Noir ; puis, comme les âmes fortes, abhorrant de chicani?res incertitudes, il lança sur le tailleur un regard tout a la fois turbulent et calme. L'intér?t de ce coup était si grand que les vieillards ne firent pas de mise ; mais l'Italien saisit avec le fanatisme de la passion une idée qui vint lui sourire, et ponta sa masse d'or en opposition au jeu de l'inconnu. Le banquier oublia de dire ces phrases qui se sont a la longue converties en un cri rauque et inintelligible : Faites le jeu ! - Le jeu est fait ! - Rien ne va plus. Le tailleur étala les cartes, et sembla souhaiter bonne chance au dernier venu, indifférent qu'il était a la perte ou au gain fait par les entrepreneurs de ces sombres plaisirs. Chacun des spectateurs voulut voir un drame et la derni?re sc?ne d'une noble vie dans le sort de cette pi?ce d'or ; leurs yeux arr?tés sur les cartons fatidiques étincel?rent ; mais, malgré l'attention avec laquelle ils regard?rent alternativement et le jeune homme et les cartes, ils ne purent apercevoir aucun symptôme d'émotion sur sa figure froide et résignée.

- Rouge, pair, passe, dit officiellement le tailleur.

Une esp?ce de râle sourd sortit de la poitrine de l'Italien lorsqu'il vit tomber un a un les billets pliés que lui lança le banquier. Quant au jeune homme, il ne comprit sa ruine qu'au moment o? le râteau s'allongea pour ramasser son dernier napoléon. L'ivoire fit rendre un bruit sec a la pi?ce, qui, rapide comme une fl?che, alla se réunir au tas d'or étalé devant la caisse. L'inconnu ferma les yeux doucement, ses l?vres blanchirent ; mais il releva bientôt ses paupi?res, sa bouche reprit une rougeur de corail, il affecta l'air d'un Anglais pour qui la vie n'a plus de myst?res, et disparut sans mendier une consolation par un de ces regards déchirants que les joueurs au désespoir lancent assez souvent sur la galerie. Combien d'événements se pressent dans l'espace d'une seconde, et que de choses dans un coup de dé !

- Voila sans doute sa derni?re cartouche, dit en souriant le croupier apr?s un moment de silence pendant lequel il tint cette pi?ce d'or entre le pouce et l'index pour la montrer aux assistants.

- C'est un cerveau br?lé qui va se jeter a l'eau, répondit un habitué en regardant autour de lui les joueurs qui se connaissaient tous.

- Bah ! s'écria le garçon de chambre, en prenant une prise de tabac.

- Si nous avions imité monsieur ? dit un des vieillards a ses coll?gues en désignant l'Italien.

Tout le monde regarda l'heureux joueur dont les mains tremblaient en comptant ses billets de banque.

- J'ai entendu, dit-il, une voix qui me criait dans l'oreille : Le Jeu aura raison contre le désespoir de ce jeune homme.

- Ce n'est pas un joueur, reprit le banquier, autrement il aurait groupé son argent en trois masses pour se donner plus de chances.

Le jeune homme passait sans réclamer son chapeau ; mais le vieux molosse, ayant remarqué le mauvais état de cette guenille, la lui rendit sans proférer une parole ; le joueur restitua la fiche par un mouvement machinal, et descendit les escaliers en sifflant di tanti palpiti d'un souffle si faible, qu'il en entendit a peine lui-m?me les notes délicieuses. Il se trouva bientôt sous les galeries du Palais-Royal, alla jusqu'a la rue Saint-Honoré, prit le chemin des Tuileries et traversa le jardin d'un pas irrésolu. Il marchait comme au milieu d'un désert, coudoyé par des hommes qu'il ne voyait pas, n'écoutant a travers les clameurs populaires qu'une seule voix, celle de la mort ; enfin perdu dans une engourdissante méditation, semblable a celle dont jadis étaient saisis les criminels qu'une charrette conduisait du Palais a la Gr?ve, vers cet échafaud, rouge de tout le sang versé depuis 1793. Il existe je ne sais quoi de grand et d'épouvantable dans le suicide. Les chutes d'une multitude de gens sont sans danger, comme celles des enfants qui tombent de trop bas pour se blesser ; mais quand un grand homme se brise, il doit venir de bien haut, s'?tre élevé jusqu'aux cieux, avoir entrevu quelque paradis inaccessible. Implacables doivent ?tre les ouragans qui le forcent a demander la paix de l'âme a la bouche d'un pistolet. Combien de jeunes talents confinés dans une mansarde s'étiolent et périssent faute d'un ami, faute d'une femme consolatrice, au sein d'un million d'?tres, en présence d'une foule lassée d'or et qui s'ennuie. A cette pensée, le suicide prend des proportions gigantesques. Entre une mort volontaire et la féconde espérance dont la voix appelait un jeune homme a Paris, Dieu seul sait combien se heurtent de conceptions, de poésies abandonnées, de désespoirs et de cris étouffés, de tentatives inutiles et de chefs-d'?uvre avortés. Chaque suicide est un po?me sublime de mélancolie. O? trouverez-vous, dans l'océan des littératures, un livre surnageant qui puisse lutter de génie avec ces lignes : Hier, a quatre heures, une jeune femme s'est jetée dans la Seine du haut du Pont-des-Arts. Devant ce laconisme parisien, les drames, les romans, tout pâlit, m?me ce vieux frontispice : Les lamentations du glorieux roi de Kaërnavan, mis en prison par ses enfants ; dernier fragment d'un livre perdu, dont la seule lecture faisait pleurer ce Sterne, qui lui-m?me délaissait sa femme et ses enfants. L'inconnu fut assailli par mille pensées semblables, qui passaient en lambeaux dans son âme, comme des drapeaux déchirés voltigent au milieu d'une bataille. S'il déposait pendant un moment le fardeau de son intelligence et de ses souvenirs pour s'arr?ter devant quelques fleurs dont les t?tes étaient mollement balancées par la brise parmi les massifs de verdure, bientôt saisi par une convulsion de la vie qui regimbait encore sous la pesante idée du suicide, il levait les yeux au ciel : la, des nuages gris, des bouffées de vent chargées de tristesse, une atmosph?re lourde, lui conseillaient encore de mourir. Il s'achemina vers le pont Royal en songeant aux derni?res fantaisies de ses prédécesseurs. Il souriait en se rappelant que lord Castelreagh avait satisfait le plus humble de nos besoins avant de se couper la gorge, et que l'académicien Auger avait été chercher sa tabati?re pour priser tout en marchant a la mort. Il analysait ces bizarreries et s'interrogeait lui-m?me, quand, en se serrant contre le parapet du pont, pour laisser passer un fort de la halle, celui-ci ayant lég?rement blanchi la manche de son habit, il se surprit a en secouer soigneusement la poussi?re. Arrivé au point culminant de la vo?te, il regarda l'eau d'un air sinistre. - Mauvais temps pour se noyer, lui dit en riant une vieille femme v?tue de haillons. Est-elle sale et froide, la Seine ! Il répondit par un sourire plein de na?veté qui attestait le délire de son courage, mais il frissonna tout a coup en voyant de loin, sur le port des Tuileries, la baraque surmontée d'un écriteau o? ces paroles sont tracées en lettres hautes d'un pied : secours aux asphyxiés. M. Dacheux lui apparut armé de sa philanthropie, réveillant et faisant mouvoir ces vertueux avirons qui cassent la t?te aux noyés, quand malheureusement ils remontent sur l'eau : il l'aperçut ameutant les curieux, qu?tant un médecin, appr?tant des fumigations ; il lut les doléances des journalistes, écrites entre les joies d'un festin et le sourire d'une danseuse ; il entendit sonner les écus comptés a des bateliers pour sa t?te par le préfet de la Seine. Mort, il valait cinquante francs, mais vivant il n'était qu'un homme de talent sans protecteurs, sans amis, sans paillasse, sans tambour, un véritable zéro social, inutile a l'État, qui n'en avait aucun souci. Une mort en plein jour lui parut ignoble, il résolut de mourir pendant la nuit, afin de livrer un cadavre indéchiffrable a cette société qui méconnaissait la grandeur de sa vie. Il continua donc son chemin, et se dirigea vers le quai Voltaire, en prenant la démarche indolente d'un dés?uvré qui veut tuer le temps. Quand il descendit les marches qui terminent le trottoir du pont, a l'angle du quai, son attention fut excitée par les bouquins étalés sur le parapet ; peu s'en fallut qu'il n'en marchandât quelques-uns. Il se prit a sourire, remit philosophiquement les mains dans ses goussets, et allait reprendre son allure d'insouciance o? perçait un froid dédain, quand il entendit avec surprise quelques pi?ces retentir d'une mani?re véritablement fantastique au fond de sa poche. Un sourire d'espérance illumina son visage, glissa de ses l?vres sur ses traits, sur son front, fit briller de joie ses yeux et ses joues sombres. Cette étincelle de bonheur ressemblait a ces feux qui courent dans les vestiges d'un papier déja consumé par la flamme : mais le visage eut le sort des cendres noires ; il redevint triste quand l'inconnu, ayant vivement retiré la main de son gousset, aperçut trois gros sous.

- Ah ! mon bon monsieur, la carita ! la carita ! catarina ! Un petit sou pour avoir du pain ! Un jeune ramoneur dont la figure bouffie était noire, le corps brun de suie, les v?tements déguenillés, tendit la main a cet homme pour lui arracher ses derniers sous. A deux pas du petit Savoyard, un vieux pauvre honteux, maladif, souffreteux, ignoblement v?tu d'une tapisserie trouée, lui dit d'une grosse voix sourde : - Monsieur, donnez-moi ce que vous voulez, je prierai Dieu pour vous... Mais quand l'homme jeune eut regardé le vieillard, celui-ci se tut et ne demanda plus rien, reconnaissant peut-?tre sur ce visage fun?bre la livrée d'une mis?re plus âpre que n'était la sienne. - La carita ! la carita ! L'inconnu jeta sa monnaie a l'enfant et au vieux pauvre en quittant le trottoir pour aller vers les maisons, il ne pouvait plus supporter le poignant aspect de la Seine. - Nous prierons Dieu pour la conservation de vos jours, lui dirent les deux mendiants.

En arrivant a l'étalage d'un marchand d'estampes, cet homme presque mort rencontra une jeune femme qui descendait d'un brillant équipage. Il contempla délicieusement cette charmante personne dont la blanche figure était harmonieusement encadrée dans le satin d'un élégant chapeau ; il fut séduit par une taille svelte, par de jolis mouvements ; la robe, lég?rement relevée par le marchepied, lui laissa voir une jambe dont les fins contours étaient dessinés par un bas blanc et bien tiré. La jeune femme entra dans le magasin, y marchanda des albums, des collections de lithographies ; elle en acheta pour plusieurs pi?ces d'or qui étincel?rent et sonn?rent sur le comptoir. Le jeune homme, en apparence occupé sur le seuil de la porte a regarder des gravures exposées dans la montre, échangea vivement avec la belle inconnue l'?illade la plus perçante que puisse lancer un homme, contre un de ces coups d'?il insouciants jetés au hasard sur les passants. C'était, de sa part, un adieu a l'amour, a la femme ! mais cette derni?re et puissante interrogation ne fut pas comprise, ne remua pas ce c?ur de femme frivole, ne la fit pas rougir, ne lui fit pas baisser les yeux. Qu'était-ce pour elle ? une admiration de plus, un désir inspiré qui le soir lui suggérait cette douce parole : J'étais bien aujourd'hui. Le jeune homme passa promptement a un autre cadre, et ne se retourna point quand l'inconnue remonta dans sa voiture. Les chevaux partirent, cette derni?re image du luxe et de l'élégance s'éclipsa comme allait s'éclipser sa vie. Il se mit a marcher d'un pas mélancolique le long des magasins, en examinant sans beaucoup d'intér?t les échantillons de marchandises. Quand les boutiques lui manqu?rent, il étudia le Louvre, l'Institut, les tours de Notre-Dame, celles du Palais, le Pont-des-Arts. Ces monuments paraissaient prendre une physionomie triste en reflétant les teintes grises du ciel, dont les rares clartés pr?taient un air menaçant a Paris, qui, pareil a une jolie femme, est soumis a d'inexplicables caprices de laideur et de beauté. Ainsi, la nature elle-m?me conspirait a le plonger dans une extase douloureuse. En proie a cette puissance malfaisante dont l'action dissolvante trouve un véhicule dans le fluide qui circule en nos nerfs, il sentait son organisme arriver insensiblement aux phénom?nes de la fluidité. Les tourments de cette agonie lui imprimaient un mouvement semblable a celui des vagues, et lui faisaient voir les bâtiments, les hommes, a travers un brouillard o? tout ondoyait. Il voulut se soustraire aux titillations que produisaient sur son âme les réactions de la nature physique, et se dirigea vers un magasin d'antiquités dans l'intention de donner une pâture a ses sens, ou d'y attendre la nuit en marchandant des objets d'art. C'était, pour ainsi dire, qu?ter du courage et demander un cordial, comme les criminels qui se défient de leurs forces en allant a l'échafaud ; mais la conscience de sa prochaine mort rendit pour un moment au jeune homme l'assurance d'une duchesse qui a deux amants, et il entra chez le marchand de curiosités d'un air dégagé, laissant voir sur ses l?vres un sourire fixe comme celui d'un ivrogne. N'était-il pas ivre de la vie, ou peut-?tre de la mort. Il retomba bientôt dans ses vertiges, et continua d'apercevoir les choses sous d'étranges couleurs, ou animées d'un léger mouvement dont le principe était sans doute dans une irréguli?re circulation de son sang, tantôt bouillonnant comme une cascade, tantôt tranquille et fade comme l'eau ti?de. Il demanda simplement a visiter les magasins pour chercher s'ils ne renfermaient pas quelques singularités a sa convenance. Un jeune garçon a figure fraîche et joufflue, a chevelure rousse, et coiffé d'une casquette de loutre, commit la garde de la boutique a une vieille paysanne, esp?ce de Caliban femelle occupée a nettoyer un po?le dont les merveilles étaient dues au génie de Bernard de Palissy ; puis il dit a l'étranger d'un air insouciant : - Voyez, monsieur, voyez ! Nous n'avons en bas que des choses assez ordinaires ; mais si vous voulez prendre la peine de monter au premier étage, je pourrai vous montrer de fort belles momies du Caire, plusieurs poteries incrustées, quelques éb?nes sculptés, vraie renaissance, récemment arrivés, et qui sont de toute beauté.

Dans l'horrible situation o? se trouvait l'inconnu, ce babil de cicérone, ces phrases sottement mercantiles furent pour lui comme les taquineries mesquines par lesquelles des esprits étroits assassinent un homme de génie. Portant sa croix jusqu'au bout, il parut écouter son conducteur et lui répondit par gestes ou par monosyllabes ; mais insensiblement il sut conquérir le droit d'?tre silencieux, et put se livrer sans crainte a ses derni?res méditations, qui furent terribles. Il était po?te, et son âme rencontra fortuitement une immense pâture : il devait voir par avance les ossements de vingt mondes. Au premier coup d'?il, les magasins lui offrirent un tableau confus, dans lequel toutes les ?uvres humaines et divines se heurtaient. Des crocodiles, des singes, des boas empaillés souriaient a des vitraux d'église, semblaient vouloir mordre des bustes, courir apr?s des laques, ou grimper sur des lustres. Un vase de S?vres, o? madame Jacotot avait peint Napoléon, se trouvait aupr?s d'un sphinx dédié a Sésostris. Le commencement du monde et les événements d'hier se mariaient avec une grotesque bonhomie. Un tournebroche était posé sur un ostensoir, un sabre républicain sur une hacquebute du moyen-âge. Madame Dubarry peinte au pastel par Latour, une étoile sur la t?te, nue et dans un nuage, paraissait contempler avec concupiscence une chibouque indienne, en cherchant a deviner l'utilité des spirales qui serpentaient vers elle. Les instruments de mort, poignards, pistolets curieux, armes a secret, étaient jetés p?le-m?le avec des instruments de vie : soupi?res en porcelaine, assiettes de Saxe, tasses orientales venues de Chine, sali?res antiques, drageoirs féodaux. Un vaisseau d'ivoire voguait a pleines voiles sur le dos d'une immobile tortue. Une machine pneumatique éborgnait l'empereur Auguste, majestueusement impassible. Plusieurs portraits d'échevins français, de bourgmestres hollandais, insensibles alors comme pendant leur vie, s'élevaient au-dessus de ce chaos d'antiquités, en y lançant un regard pâle et froid. Tous les pays de la terre semblaient avoir apporté la un débris de leurs sciences, un échantillon de leurs arts. C'était une esp?ce de fumier philosophique auquel rien ne manquait, ni le calumet du sauvage, ni la pantoufle vert et or du sérail, ni le yatagan du Maure, ni l'idole des Tartares ; il y avait jusqu'a la blague a tabac du soldat, jusqu'au ciboire du pr?tre, jusqu'aux plumes d'un trône. Ces monstrueux tableaux étaient encore assujettis a mille accidents de lumi?re, par la bizarrerie d'une multitude de reflets dus a la confusion des nuances, a la brusque opposition des jours et des noirs. L'oreille croyait entendre des cris interrompus, l'esprit saisir des drames inachevés, l'?il apercevoir des lueurs mal étouffées. Enfin une poussi?re obstinée avait jeté son léger voile sur tous ces objets, dont les angles multipliés et les sinuosités nombreuses produisaient les effets les plus pittoresques. L'inconnu compara d'abord ces trois salles gorgées de civilisation, de cultes, de divinités, de chefs-d'?uvre, de royautés, de débauches, de raison et de folie, a un miroir plein de facettes dont chacune représentait un monde. Apr?s cette impression brumeuse, il voulut choisir ses jouissances ; mais a force de regarder, de penser, de r?ver, il tomba sous la puissance d'une fi?vre due peut-?tre a la faim qui rugissait dans ses entrailles. La vue de tant d'existences nationales ou individuelles, attestées par ces gages humains qui leur survivaient, acheva d'engourdir les sens du jeune homme, le désir qui l'avait poussé dans le magasin fut exaucé : il sortit de la vie réelle, monta par degrés vers un monde idéal, arriva dans les palais enchantés de l'extase o? l'univers lui apparut par bribes et en traits de feu, comme l'avenir passa jadis flamboyant aux yeux de saint Jean dans Pathmos.

Une multitude de figures endolories, gracieuses et terribles, obscures et lucides, lointaines et rapprochées, se leva par masses, par myriades, par générations. L'Égypte, roide, mystérieuse, se dressa de ses sables, représentée par une momie qu'enveloppaient des bandelettes noires : les Pharaons ensevelissant des peuples pour se construire une tombe ; Mo?se, les Hébreux, le désert : il entrevit tout un monde antique et solennel. Fraîche et suave, une statue de marbre assise sur une colonne torse et rayonnant de blancheur lui parla des mythes voluptueux de la Gr?ce et de l'Ionie. Ah ! qui n'aurait souri comme lui, de voir sur un fond rouge, la jeune fille brune dansant dans la fine argile d'un vase étrusque devant le Dieu Priape qu'elle saluait d'un air joyeux ? en regard, une reine latine caressait sa chim?re avec amour ! Les caprices de la Rome impériale respiraient la tout entiers et révélaient le bain, la couche, la toilette d'une Julie indolente, songeuse, attendant son Tibulle. Armée du pouvoir des talismans arabes, la t?te de Cicéron évoquait les souvenirs de la Rome libre et lui déroulait les pages de Tite-Live : le jeune homme contempla Senatus Populusque romanus : le consul, les licteurs, les toges bordées de pourpre, les luttes du Forum, le peuple courroucé défilaient lentement devant lui comme les vaporeuses figures d'un r?ve. Enfin la Rome chrétienne dominait ces images. Une peinture ouvrait les cieux : il y voyait la Vierge Marie plongée dans un nuage d'or, au sein des anges, éclipsant la gloire du soleil, écoutant les plaintes des malheureux auxquels cette ?ve régénérée souriait d'un air doux. En touchant une mosa?que faite avec les différentes laves du Vésuve et de l'Etna, son âme s'élançait dans la chaude et fauve Italie : il assistait aux orgies des Borgia, courait dans les Abruzzes, aspirait aux amours italiennes, se passionnait pour les blancs visages aux longs yeux noirs. Il frémissait des déno?ments nocturnes interrompus par la froide épée d'un mari, en apercevant une dague du moyen-âge dont la poignée était travaillée comme l'est une dentelle, et dont la rouille ressemblait a des taches de sang. L'Inde et ses religions revivaient dans un magot chinois coiffé de son chapeau pointu, a losanges relevées, paré de clochettes, v?tu d'or et de soie. Pr?s du magot, une natte, jolie comme la bayad?re qui s'y était roulée, exhalait encore les odeurs du sandal. Un monstre du Japon dont les yeux restaient tordus, la bouche contournée, les membres torturés, réveillait l'âme par les inventions d'un peuple qui, fatigué du beau toujours unitaire, trouve d'ineffables plaisirs dans la fécondité des laideurs. Une sali?re sortie des ateliers de Benvenuto Cellini le reportait au sein de la renaissance, au temps ou les arts et la licence fleurissaient, o? les souverains se divertissaient a des supplices, o? les conciles couchés dans les bras des courtisanes décrétaient la chasteté pour les simples pr?tres. Il vit les conqu?tes d'Alexandre sur un camée, les massacres de Pizarre dans une arquebuse a m?che, les guerres de religion échevelées, bouillantes, cruelles, au fond d'un casque. Puis, les riantes images de la chevalerie sourdirent d'une armure de Milan supérieurement damasquinée, bien fourbie, et sous la visi?re de laquelle brillaient encore les yeux d'un paladin.

Cet océan de meubles, d'inventions, de modes, d'?uvres, de ruines, lui composait un po?me sans fin. Formes, couleurs, pensées, tout revivait la ; mais rien de complet ne s'offrait a l'âme. Le po?te devait achever les croquis du grand-peintre qui avait fait cette immense palette o? les innombrables accidents de la vie humaine étaient jetés a profusion, avec dédain. Apr?s s'?tre emparé du monde, apr?s avoir contemplé des pays, des âges, des r?gnes, le jeune homme revint a des existences individuelles. Il se repersonnifia, s'empara des détails en repoussant la vie des nations comme trop accablante pour un seul homme.

La dormait un enfant en cire, sauvé du cabinet de Ruysch, et cette ravissante créature lui rappelait les joies de son jeune âge. Au prestigieux aspect du pagne virginal de quelque jeune fille d'Ota?ti, sa br?lante imagination lui peignait la vie simple de la nature, la chaste nudité de la vraie pudeur, les délices de la paresse si naturelle a l'homme, toute une destinée calme au bord d'un ruisseau frais et r?veur, sous un bananier, qui dispensait une manne savoureuse, sans culture. Mais tout a coup il devenait corsaire, et rev?tait la terrible poésie empreinte dans le rôle de Lara, vivement inspiré par les couleurs nacrées de mille coquillages, exalté par la vue de quelques madrépores qui sentaient le varech, les algues et les ouragans atlantiques. Admirant plus loin les délicates miniatures, les arabesques d'azur et d'or qui enrichissaient quelque précieux missel manuscrit, il oubliait les tumultes de la mer. Mollement balancé dans une pensée de paix, il épousait de nouveau l'étude et la science, souhaitait la grasse vie des moines exempte de chagrins, exempte de plaisirs, et se couchait au fond d'une cellule, en contemplant par sa fen?tre en ogive les prairies, les bois, les vignobles de son monast?re. Devant quelques Teniers, il endossait la casaque d'un soldat ou la mis?re d'un ouvrier, il désirait porter le bonnet sale et enfumé des Flamands, s'enivrait de bi?re, jouait aux cartes avec eux, et souriait a une grosse paysanne d'un attrayant embonpoint. Il grelottait en voyant une tombée de neige de Mieris, ou se battait en regardant un combat de Salvator Rosa. Il caressait un tomhawk d'Illinois, et sentait le scalpel d'un Chérokée qui lui enlevait la peau du crâne. Émerveillé a l'aspect d'un rebec, il le confiait a la main d'une châtelaine dont il écoutait la romance mélodieuse en lui déclarant son amour, le soir, aupr?s d'une cheminée gothique, dans la pénombre o? se perdait un regard de consentement. Il s'accrochait a toutes les joies, saisissait toutes les douleurs, s'emparait de toutes les formules d'existence en éparpillant si généreusement sa vie et ses sentiments sur les simulacres de cette nature plastique et vide, que le bruit de ses pas retentissait dans son âme comme le son lointain d'un autre monde, comme la rumeur de Paris arrive sur les tours de Notre-Dame.

En montant l'escalier intérieur qui conduisait aux salles situées au premier étage, il vit des boucliers votifs, des panoplies, des tabernacles sculptés, des figures en bois pendues aux murs, posées sur chaque marche. Poursuivi par les formes les plus étranges, par des créations merveilleuses assises sur les confins de la mort et de la vie, il marchait dans les enchantements d'un songe ; enfin, doutant de son existence, il était comme ces objets curieux, ni tout a fait mort, ni tout a fait vivant. Quand il entra dans les nouveaux magasins, le jour commençait a pâlir ; mais la lumi?re semblait inutile aux richesses resplendissantes d'or et d'argent qui s'y trouvaient entassées. Les plus co?teux caprices de dissipateurs morts sous des mansardes apr?s avoir possédé plusieurs millions, étaient dans ce vaste bazar des folies humaines. Une écritoire payée cent mille francs et rachetée pour cent sous, gisait aupr?s d'une serrure a secret dont le prix aurait suffi jadis a la rançon d'un roi. La, le génie humain apparaissait dans toutes les pompes de sa mis?re, dans toute la gloire de ses petitesses gigantesques. Une table d'éb?ne, véritable idole d'artiste, sculptée d'apr?s les dessins de Jean Goujon et qui co?ta jadis plusieurs années de travail, avait été peut-?tre acquise au prix du bois a br?ler. Des coffrets précieux, des meubles faits par la main des fées, y étaient dédaigneusement amoncelés.

- Vous avez des millions ici, s'écria le jeune homme en arrivant a la pi?ce qui terminait une immense enfilade d'appartements dorés et sculptés par des artistes du si?cle dernier.

- Dites des milliards, répondit le gros garçon joufflu. Mais ce n'est rien encore ; montez au troisi?me étage, et vous verrez !

L'inconnu suivit son conducteur et parvint a une quatri?me galerie o? successivement pass?rent devant ses yeux fatigués plusieurs tableaux du Poussin, une sublime statue de Michel-Ange, quelques ravissants paysages de Claude Lorrain, un Gérard Dow qui ressemblait a une page de Sterne, des Rembrandt, des Murillo, des Velasquez sombres et colorés comme un po?me de lord Byron ; puis des bas-reliefs antiques, des coupes d'agate, des onyx merveilleux ; enfin c'était des travaux a dégo?ter du travail, des chefs-d'?uvre accumulés a faire prendre en haine les arts et a tuer l'enthousiasme. Il arriva devant une Vierge de Raphaël, mais il était las de Raphaël, une figure de Corr?ge qui voulait un regard ne l'obtint m?me pas ; un vase inestimable en porphyre antique et dont les sculptures circulaires représentaient, de toutes les priapées romaines, la plus grotesquement licencieuse, délices de quelque Corinne, eut a peine un sourire. Il étouffait sous les débris de cinquante si?cles évanouis, il était malade de toutes ces pensées humaines, assassiné par le luxe et les arts, oppressé sous ces formes renaissantes qui, pareilles a des monstres enfantés sous ses pieds par quelque malin génie, lui livraient un combat sans fin. Semblable en ses caprices a la chimie moderne qui résume la création par un gaz, l'âme ne compose-t-elle pas de terribles poisons par la rapide concentration de ses jouissances, de ses forces ou de ses idées ? Beaucoup d'hommes ne périssent-ils pas sous le foudroiement de quelque acide moral soudainement épandu dans leur ?tre intérieur ?

- Que contient cette boîte ? demanda-t-il en arrivant a un grand cabinet, dernier monceau de gloire, d'efforts humains, d'originalités, de richesses, parmi lesquelles il montra du doigt une grande caisse carrée, construite en acajou, suspendue a un clou par une chaîne d'argent.

- Ah ! monsieur en a la clef, dit le gros garçon avec un air de myst?re. Si vous désirez voir ce portrait, je me hasarderai volontiers a le prévenir.

- Vous hasarder ! reprit le jeune homme. Votre maître est-il un prince ?

- Mais, je ne sais pas, répondit le garçon.

Ils se regard?rent pendant un moment aussi étonnés l'un que l'autre. L'apprenti interpréta le silence de l'inconnu comme un souhait, et le laissa seul dans le cabinet.

Vous ?tes-vous jamais lancé dans l'immensité de l'espace et du temps, en lisant les ?uvres géologiques de Cuvier ? Emporté par son génie, avez-vous plané sur l'abîme sans bornes du passé, comme soutenu par la main d'un enchanteur ? En découvrant de tranche en tranche, de couche en couche, sous les carri?res de Montmartre ou dans les schistes de l'Oural, ces animaux dont les dépouilles fossilisées appartiennent a des civilisations antédiluviennes, l'âme est effrayée d'entrevoir des milliards d'années, des millions de peuples que la faible mémoire humaine, que l'indestructible tradition divine ont oubliés et dont la cendre, poussée a la surface de notre globe, y forme les deux pieds de terre qui nous donnent du pain et des fleurs. Cuvier n'est-il pas le plus grand po?te de notre si?cle ? Lord Byron a bien reproduit par des mots quelques agitations morales, mais notre immortel naturaliste a reconstruit des mondes avec des os blanchis, a rebâti comme Cadmus des cités avec des dents, a repeuplé mille for?ts de tous les myst?res de la zoologie avec quelques fragments de houille, a retrouvé des populations de géants dans le pied d'un mammouth. Ces figures se dressent, grandissent et meublent des régions en harmonie avec leurs statures colossales. Il est po?te avec des chiffres, il est sublime en posant un zéro pr?s d'un sept. Il réveille le néant sans prononcer des paroles grandement magiques ; il fouille une parcelle de gypse, y aperçoit une empreinte, et vous crie : Voyez ! Soudain les marbres s'animalisent, la mort se vivifie, le monde se déroule ! Apr?s d'innombrables dynasties de créatures gigantesques, apr?s des races de poissons et des clans de mollusques, arrive enfin le genre humain, produit dégénéré d'un type grandiose, brisé peut-?tre par le Créateur. Échauffés par son regard rétrospectif, ces hommes chétifs, nés d'hier, peuvent franchir le chaos, entonner un hymne sans fin et se configurer le passé de l'univers dans une sorte d'Apocalypse rétrograde. En présence de cette épouvantable résurrection due a la voix d'un seul homme, la miette dont l'usufruit nous est concédé dans cet infini sans nom, commun a toutes les sph?res et que nous avons nommé le temps, cette minute de vie nous fait pitié. Nous nous demandons, écrasés que nous sommes sous tant d'univers en ruines, a quoi bon nos gloires, nos haines, nos amours ; et si, pour devenir un point intangible dans l'avenir, la peine de vivre doit s'accepter ? Déracinés du présent, nous sommes morts jusqu'a ce que notre valet de chambre entre et vienne nous dire : Madame la comtesse a répondu qu'elle attendait monsieur.

Les merveilles dont l'aspect venait de présenter au jeune homme toute la création connue mirent dans son âme l'abattement que produit chez le philosophe la vue scientifique des créations inconnues : il souhaita plus vivement que jamais de mourir, et tomba sur une chaise curule en laissant errer ses regards a travers les fantasmagories de ce panorama du passé. Les tableaux s'illumin?rent, les t?tes de vierge lui sourirent, et les statues se color?rent d'une vie trompeuse. A la faveur de l'ombre, et mises en danse par la fiévreuse tourmente qui fermentait dans son cerveau brisé, ces ?uvres s'agit?rent et tourbillonn?rent devant lui : chaque magot lui jeta sa grimace, les yeux des personnages représentés dans les tableaux remu?rent en pétillant ; chacune de ces formes frémit, sautilla, se détacha de sa place, gravement, lég?rement, avec grâce ou brusquerie, selon ses m?urs, son caract?re et sa contexture. Ce fut un mystérieux sabbat digne des fantaisies entrevues par le docteur Faust sur le Brocken. Mais ces phénom?nes d'optique enfantés par la fatigue, par la tension des forces oculaires ou par les caprices du crépuscule, ne pouvaient effrayer l'inconnu. Les terreurs de la vie étaient impuissantes sur une âme familiarisée avec les terreurs de la mort. Il favorisa m?me par une sorte de complicité railleuse les bizarreries de ce galvanisme moral dont les prodiges s'accouplaient aux derni?res pensées qui lui donnaient encore le sentiment de l'existence. Le silence régnait si profondément autour de lui, que bientôt il s'aventura dans une douce r?verie dont les impressions graduellement noires suivirent, de nuance en nuance et comme par magie, les lentes dégradations de la lumi?re. Une lueur pr?te a quitter le ciel ayant fait reluire un dernier reflet rouge en luttant contre la nuit, il leva la t?te, vit un squelette a peine éclairé qui le montra du doigt, et pencha dubitativement le crâne de droite a gauche, comme pour lui dire : Les morts ne veulent pas encore de toi ! En passant la main sur son front pour en chasser le sommeil, le jeune homme sentit distinctement un vent frais produit par je ne sais quoi de velu qui lui effleura les joues, et frissonna. Les vitres ayant retenti d'un claquement sourd, il pensa que cette froide caresse digne des myst?res de la tombe lui avait été faite par quelque chauve-souris. Pendant un moment encore, les vagues reflets du couchant lui permirent d'apercevoir indistinctement les fantômes par lesquels il était entouré ; puis toute cette nature morte s'abolit dans une m?me teinte noire. La nuit, l'heure de mourir était subitement venue. Il s'écoula, d?s ce moment, un certain laps de temps pendant lequel il n'eut aucune perception claire des choses terrestres, soit qu'il se f?t enseveli dans une r?verie profonde, soit qu'il e?t cédé a la somnolence provoquée par ses fatigues et par la multitude des pensées qui lui déchiraient le c?ur. Tout a coup il crut avoir été appelé par une voix terrible, et tressaillit comme lorsqu'au milieu d'un br?lant cauchemar nous sommes précipités d'un seul bond dans les profondeurs d'un abîme. Il ferma les yeux ; les rayons d'une vive lumi?re l'éblouissaient ; il voyait briller au sein des tén?bres une sph?re rougeâtre dont le centre était occupé par un petit vieillard qui se tenait debout et dirigeait sur lui la clarté d'une lampe. Il ne l'avait entendu ni venir, ni parler, ni se mouvoir. Cette apparition eut quelque chose de magique. L'homme le plus intrépide, surpris ainsi dans son sommeil, aurait sans doute tremblé devant ce personnage extraordinaire qui semblait ?tre sorti d'un sarcophage voisin. La singuli?re jeunesse qui animait les yeux immobiles de cette esp?ce de fantôme emp?chait l'inconnu de croire a des effets surnaturels ; néanmoins, pendant le rapide intervalle qui sépara sa vie somnambulique de sa vie réelle, il demeura dans le doute philosophique recommandé par Descartes, et fut alors, malgré lui, sous la puissance de ces inexplicables hallucinations dont les myst?res sont condamnés par notre fierté ou que notre science impuissante tâche en vain d'analyser.

Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre, v?tu d'une robe en velours noir, serrée autour de ses reins par un gros cordon de soie. Sur sa t?te, une calotte en velours également noir laissait passer, de chaque côté de la figure, les longues m?ches de ses cheveux blancs et s'appliquait sur le crâne de mani?re a rigidement encadrer le front. La robe ensevelissait le corps comme dans un vaste linceul, et ne permettait de voir d'autre forme humaine qu'un visage étroit et pâle. Sans le bras décharné, qui ressemblait a un bâton sur lequel on aurait posé une étoffe et que le vieillard tenait en l'air pour faire porter sur le jeune homme toute la clarté de la lampe, ce visage aurait paru suspendu dans les airs. Une barbe grise et taillée en pointe cachait le menton de cet ?tre bizarre, et lui donnait l'apparence de ces t?tes juda?ques qui servent de types aux artistes quand ils veulent représenter Mo?se. Les l?vres de cet homme étaient si décolorées, si minces, qu'il fallait une attention particuli?re pour deviner la ligne tracée par la bouche dans son blanc visage. Son large front ridé, ses joues bl?mes et creuses, la rigueur implacable de ses petits yeux verts, dénués de cils et de sourcils, pouvaient faire croire a l'inconnu que le Peseur d'or de Gérard Dow était sorti de son cadre. Une finesse d'inquisiteur, trahie par les sinuosités de ses rides et par les plis circulaires dessinés sur ses tempes, accusait une science profonde des choses de la vie. Il était impossible de tromper cet homme qui semblait avoir le don de surprendre les pensées au fond des c?urs les plus discrets. Les m?urs de toutes les nations du globe et leurs sagesses se résumaient sur sa face froide, comme les productions du monde entier se trouvaient accumulées dans ses magasins poudreux ; vous y auriez lu la tranquillité lucide d'un Dieu qui voit tout, ou la force orgueilleuse d'un homme qui a tout vu. Un peintre aurait, avec deux expressions différentes et en deux coups de pinceau, fait de cette figure une belle image du P?re Éternel ou le masque ricaneur du Méphistophél?s, car il se trouvait tout ensemble une supr?me puissance dans le front et de sinistres railleries sur la bouche. En broyant toutes les peines humaines sous un pouvoir immense, cet homme devait avoir tué les joies terrestres. Le moribond frémit en pressentant que ce vieux génie habitait une sph?re étrang?re au monde o? il vivait seul, sans jouissances, parce qu'il n'avait plus d'illusion, sans douleur, parce qu'il ne connaissait plus de plaisirs. Le vieillard se tenait debout, immobile, inébranlable comme une étoile au milieu d'un nuage de lumi?re, ses yeux verts, pleins de je ne sais quelle malice calme, semblaient éclairer le monde moral comme sa lampe illuminait ce cabinet mystérieux. Tel fut le spectacle étrange qui surprit le jeune homme au moment o? il ouvrit les yeux, apr?s avoir été bercé par des pensées de mort et de fantasques images. S'il demeura comme étourdi, s'il se laissa momentanément dominer par une croyance digne d'enfants qui écoutent les contes de leurs nourrices, il faut attribuer cette erreur au voile étendu sur sa vie et sur son entendement par ses méditations, a l'agacement de ses nerfs irrités, au drame violent dont les sc?nes venaient de lui prodiguer les atroces délices contenues dans un morceau d'opium. Cette vision avait lieu dans Paris, sur le quai Voltaire, au dix-neuvi?me si?cle, temps et lieux o? la magie devait ?tre impossible. Voisin de la maison o? le dieu de l'incrédulité française avait expiré, disciple de Gay-Lussac et d'Arago, contempteur des tours de gobelets que font les hommes du pouvoir, l'inconnu n'obéissait sans doute qu'aux fascinations poétiques dont il avait accepté les prestiges et auxquelles nous nous pr?tons souvent comme pour fuir de désespérantes vérités, comme pour tenter la puissance de Dieu. Il trembla donc devant cette lumi?re et ce vieillard, agité par l'inexplicable pressentiment de quelque pouvoir étrange ; mais cette émotion était semblable a celle que nous avons tous éprouvée devant Napoléon, ou en présence de quelque grand homme brillant de génie et rev?tu de gloire.

- Monsieur désire voir le portrait de Jésus-Christ peint par Raphaël ? lui dit courtoisement le vieillard d'une voix dont la sonorité claire et br?ve avait quelque chose de métallique. Et il posa la lampe sur le f?t d'une colonne brisée, de mani?re a ce que la boîte brune reç?t toute la clarté.

Aux noms religieux de Jésus-Christ et de Raphaël, il échappa au jeune homme un geste de curiosité, sans doute attendu par le marchand qui fit jouer un ressort. Soudain le panneau d'acajou glissa dans une rainure, tomba sans bruit et livra la toile a l'admiration de l'inconnu. A l'aspect de cette immortelle création, il oublia les fantaisies du magasin, les caprices de son sommeil, redevint homme, reconnut dans le vieillard une créature de chair, bien vivante, nullement fantasmagorique, et revécut dans le monde réel. La tendre sollicitude, la douce sérénité du divin visage influ?rent aussitôt sur lui. Quelque parfum épanché des cieux dissipa les tortures infernales qui lui br?laient la moelle des os. La t?te du Sauveur des hommes paraissait sortir des tén?bres figurées par un fond noir ; une auréole de rayons étincelait vivement autour de sa chevelure d'o? cette lumi?re voulait sortir ; sous le front, sous les chairs, il y avait une éloquente conviction qui s'échappait de chaque trait par de pénétrantes effluves ; les l?vres vermeilles venaient de faire entendre la parole de vie, et le spectateur en cherchait le retentissement sacré dans les airs, il en demandait les ravissantes paraboles au silence, il l'écoutait dans l'avenir, la retrouvait dans les enseignements du passé. L'Évangile était traduit par la simplicité calme de ces adorables yeux o? se réfugiaient les âmes troublées ; enfin sa religion se lisait tout enti?re en un suave et magnifique sourire qui semblait exprimer ce précepte o? elle se résume : Aimez-vous les uns les autres ! Cette peinture inspirait une pri?re, recommandait le pardon, étouffait l'égo?sme, réveillait toutes les vertus endormies. Partageant le privilége des enchantements de la musique, l'?uvre de Raphaël vous jetait sous le charme impérieux des souvenirs, et son triomphe était complet, on oubliait le peintre. Le prestige de la lumi?re agissait encore sur cette merveille ; par moments il semblait que la t?te s'élevât dans le lointain, au sein de quelque nuage.

- J'ai couvert cette toile de pi?ces d'or, dit froidement le marchand.

- Eh ! bien, il va falloir mourir, s'écria le jeune homme qui sortait d'une r?verie dont la derni?re pensée l'avait ramené vers sa fatale destinée, en le faisant descendre, par d'insensibles déductions, d'une derni?re espérance a laquelle il s'était attaché.

- Ah ! ah ! j'avais donc raison de me méfier de toi, répondit le vieillard en saisissant les deux mains du jeune homme qu'il serra par les poignets dans l'une des siennes, comme dans un étau.

L'inconnu sourit tristement de cette méprise et dit d'une voix douce : - Hé ! monsieur, ne craignez rien, il s'agit de ma vie et non de la vôtre. Pourquoi n'avouerais-je pas une innocente supercherie, reprit-il apr?s avoir regardé le vieillard inquiet. En attendant la nuit, afin de pouvoir me noyer sans esclandre, je suis venu voir vos richesses. Qui ne pardonnerait ce dernier plaisir a un homme de science et de poésie ?

Le soupçonneux. marchand examina d'un ?il sagace le morne visage de son faux chaland tout en l'écoutant parier. Rassuré bientôt par l'accent de cette voix douloureuse, ou lisant peut-?tre dans ces traits décolorés les sinistres destinées qui nagu?re avaient fait frémir les joueurs, il lâcha les mains ; mais par un reste de suspicion qui révéla une expérience au moins centenaire, il étendit nonchalamment le bras vers un buffet comme pour s'appuyer, et dit en y prenant un stylet : - ?tes-vous depuis trois ans, surnuméraire au trésor, sans y avoir touché de gratification ?

L'inconnu ne put s'emp?cher de sourire en faisant un geste négatif.

- Votre p?re vous a-t-il trop vivement reproché d'?tre venu an monde, ou bien ?tes-vous déshonoré ?

- Si je voulais me déshonorer, je vivrais.

- Avez-vous été sifflé aux Funambules, ou vous trouvez-vous obligé de composer des flons flons pour payer le convoi de votre maîtresse ? N'auriez-vous pas plutôt la maladie de l'or ? voulez-vous détrôner l'ennui ? Enfin, quelle erreur vous engage a mourir ?

- Ne cherchez pas le principe de ma mort dans les raisons vulgaires qui commandent la plupart des suicides. Pour me dispenser de vous dévoiler des souffrances inou?es et qu'il est difficile d'exprimer en langage humain, je vous dirai que je suis dans la plus profonde, la plus ignoble, la plus perçante de toutes les mis?res. Et, ajouta-t-il d'un ton de voix dont la fierté sauvage démentait ses paroles précédentes, je ne veux mendier ni secours ni consolations.

- Eh ! eh ! Ces deux syllabes que d'abord le vieillard fit entendre pour toute réponse ressembl?rent au cri d'une crécelle. Puis il reprit ainsi : - Sans vous forcer a m'implorer, sans vous faire rougir, et sans vous donner un centime de France, un parat du Levant, un tarain de Sicile, un heller d'Allemagne, une seule des sesterces ou des oboles de l'ancien monde, ni une piastre du nouveau, sans vous offrir quoi que ce soit en or, argent, billon, papier, billet, je veux vous faire plus riche, plus puissant et plus considéré que ne peut l'?tre un roi constitutionnel.

Le jeune homme crut le vieillard en enfance, et resta comme engourdi, sans oser répondre.

- Retournez-vous, dit le marchand en saisissant tout a coup la lampe pour en diriger la lumi?re sur le mur qui faisait face au portrait, et regardez cette Peau de Chagrin, ajouta-t-il.

Le jeune homme se leva brusquement et témoigna quelque surprise en apercevant au-dessus du siége o? il s'était assis un morceau de chagrin accroché sur le mur, et dont la dimension n'excédait pas celle d'une peau de renard ; mais, par un phénom?ne inexplicable au premier abord, cette peau projetait au sein de la profonde obscurité qui régnait dans le magasin des rayons si lumineux que vous eussiez dit d'une petite com?te. Le jeune incrédule s'approcha de ce prétendu talisman qui devait le préserver du malheur, et s'en moqua par une phrase mentale. Cependant, animé d'une curiosité bien légitime, il se pencha pour la regarder alternativement sous toutes les faces, et découvrit bientôt une cause naturelle a cette singuli?re lucidité : les grains noirs du chagrin étaient si soigneusement polis et si bien brunis, les rayures capricieuses en étaient si propres et si nettes que, pareilles a des facettes de grenat, les aspérités de ce cuir oriental formaient autant de petits foyers qui réfléchissaient vivement la lumi?re. Il démontra mathématiquement la raison de ce phénom?ne au vieillard, qui, pour toute réponse, sourit avec malice. Ce sourire de supériorité fit croire au jeune savant qu'il était dupe en ce moment de quelque charlatanisme. Il ne voulut pas emporter une énigme de plus dans la tombe, et retourna promptement la peau comme un enfant pressé de connaître les secrets de son jouet nouveau.

- Ah ! ah ! s'écria-t-il, voici l'empreinte du sceau que les Orientaux nomment le cachet de Salomon.

- Vous le connaissez donc ? demanda le marchand, dont les narines laiss?rent passer deux ou trois bouffées d'air qui peignirent plus d'idées que n'en pouvaient exprimer les plus énergiques paroles.

- Existe-t-il au monde un homme assez simple pour croire a cette chim?re ? s'écria le jeune homme, piqué d'entendre ce rire muet et plein d'am?res dérisions. Ne savez-vous pas, ajouta-t-il, que les superstitions de l'Orient ont consacré la forme mystique et les caract?res mensongers de cet embl?me qui représente une puissance fabuleuse ? Je ne crois pas devoir ?tre plus taxé de niaiserie dans cette circonstance que si je parlais des Sphinx ou des Griffons, dont l'existence est en quelque sorte scientifiquement admise.

- Puisque vous ?tes un orientaliste, reprit le vieillard, peut-?tre lirez-vous cette sentence.

Il apporta la lampe pr?s du talisman que le jeune homme tenait a l'envers, et lui fit apercevoir des caract?res incrustés dans le tissu cellulaire de cette peau merveilleuse, comme s'ils eussent été produits par l'animal auquel elle avait jadis appartenu.

- J'avoue, s'écria l'inconnu, que je ne devine gu?re le procédé dont on se sera servi pour graver si profondément ces lettres sur la peau d'un onagre.

Et, se retournant avec vivacité vers les tables chargées de curiosités, ses yeux parurent y chercher quelque chose.

- Que voulez-vous ? demanda le vieillard.

- Un instrument pour trancher le chagrin, afin de voir si les lettres y sont empreintes ou incrustées.

Le vieillard présenta son stylet a l'inconnu, qui le prit et tenta d'entamer la peau a l'endroit o? les paroles se trouvaient écrites ; mais, quand il eut enlevé une lég?re couche de cuir, les lettres y reparurent si nettes et tellement conformes a celles qui étaient imprimées sur la surface, que, pendant un moment, il crut n'en avoir rien ôté.

- L'industrie du Levant a des secrets qui lui sont réellement particuliers, dit-il en regardant la sentence orientale avec une sorte d'inquiétude :

- Oui, répondit le vieillard, il vaut mieux s'en prendre aux hommes qu'a Dieu !

Les paroles mystérieuses étaient disposées de la mani?re suivante:

 

 

 

Ce qui voulait dire en français :

 

SI TU ME POSS?DES, TU POSS?DERAS TOUT. 

MAIS TA VIE M'APPARTIENDRA. DIEU L'A

VOULU AINSI. DÉSIRE, ET TES DÉSIRS

SERONT ACCOMPLIS. MAIS R?GLE

TES SOUHAITS SUR TA VIE.

ELLE EST LA. A CHAQUE

VOULOIR JE DÉCROITRAI

COMME TES JOURS.

ME VEUX-TU ?

PRENDS. DIEU

T'EXAUCERA.

SOIT !

 

- Ah ! vous lisez couramment le sanscrit, dit le vieillard. Peut-?tre avez-vous voyagé en Perse ou dans le Bengale ?

Jaszczur

Panu Savary

Członkowi Akademji Nauk

 

 

I. TALIZMAN.

 

 

Pod koniec października r. 1829, młody człowiek wszedł do Palais-Royal w chwili gdy otwierano domy gry, zgodnie z prawem popierającem namiętność tak dogodną do opodatkowania. Nie namyślając się zbytnio, wszedł na schody wiodące do szulerni nr. 36.

- Panie, panie, kapelusz? krzyknął za nim suchy i zrzędny głos małego, wyblakłego staruszka, przycupniętego w cieniu, za barjerą, który wstał nagle, ukazując plugawą fizjognomję.

Skoroś przekroczył próg domu gry, prawo obiera cię najpierw z kapelusza. Jest-li to ewangeliczna i opatrznościowa przenośnia? Czy to nie jest raczej sposób zawarcia z tobą piekielnej umowy, mocą wziętego od ciebie jakiegokolwiek zastawu? Czy to ma wymóc na tobie pełną szacunku postawę wobec tych którzy zabiorą ci pieniądze? Czy to policja, przyczajona we wszystkich ściekach społecznych, pragnie znać nazwisko tego kapelusznika albo twoje, o ile je wypisałeś na swem nakryciu głowy? Czy to może wreszcie poto aby zdjąć pomiar twojej czaszki, dla celów pouczającej statystyki co do pojemności mózgów graczy? Na tym punkcie zarząd zachowuje zupełne milczenie. Ale, wiedz to dobrze, ledwie uczyniłeś krok w stronę zielonego stolika, już twój kapelusz nie należy do ciebie, tak samo jak ty sam nie należysz do siebie: należysz do gry, ty, twój majątek, twoje nakrycie głowy, twoja laska i twój paltot. Przy wyjściu, GRA okaże ci, jakby dla zadrwienia z ciebie, że jeszcze zostawiła ci coś, oddając ci twoje rzeczy. Bądź co bądź, o ile miałeś kapelusz nowy, dowiesz się, po szkodzie, że gracz powinien mieć specjalny kostjum.

Zdziwienie młodego człowieka, kiedy otrzymał drewienko z numerem w zamian za swój kapelusz, którego brzegi, na szczęście, były lekko wytarte, dość wyraźnie świadczył o duszy jeszcze niewinnej; toteż starzec, który z pewnością od młodu gnił w gorączkowych rozkoszach życia graczy, objął go martwem i wystygłem spojrzeniem, w którem filozof wyczytałby nędze szpitala, tułaczkę bankructwa, protokóły samobójstw, dożywotnie galery, wysiedlenia do Guazacoalco. Człowiek ten, którego długa biała twarz była tak chuda jak zupka w garkuchni, przedstawiał blady obraz namiętności sprowadzonej do swej najprostszej wymowy. W zmarszczkach jego czaiły się ślady dawnych tortur; z pewnością człowiek ten niósł molochowi gry swoją nędzną płacę tuż po jej otrzymaniu. Podobny szkapie na którą bat już nie działa, nie wzruszał się niczem; głuche jęki zrujnowanych graczy, ich nieme błagania, ich tępe spojrzenia znajdowały go stale obojętnym. Była to wcielona Gra. Gdyby młody człowiek przyjrzał się temu smutnemu cerberowi, może byłby sobie powiedział: "W tem sercu jest już tylko talja kart"! Nieznajomy nie usłuchał tej żywej przestrogi, pomieszczonej tu bezwątpienia przez Opatrzność, tak jak pomieściła ona wstręt u progu wszystkich miejsc rozpusty. Wszedł pewnym krokiem do sali, gdzie dźwięk złota działał upajająco na rozgrzane pożądliwością zmysły. Młodzieńca tego pchało tam zapewne najlogiczniejsze ze wszystkich wymownych zdań Jana Jakóba Rousseau, którego smutna myśl jest, jak sądzę, ta: Tak, rozumiem, że człowiek idzie grać, ale wtedy, gdy, między sobą a śmiercią, widzi jedynie ostatniego talara.

Wieczorem, domy gry mają poezję jedynie pospolitą, ale o działaniu tak pewnem jak działanie krwawego dramatu. Sale pełne są widzów i graczy, ubogich starców, którzy przywlekli się aby się tu ogrzać, podnieconych twarzy, orgji które zaczynają się w winie a łacno mogą się skończyć w Sekwanie. Jeżeli plon namiętności jest obfity, nadmierna liczba aktorów nie pozwala ci przyjrzyć się twarzą w twarz demonowi gry. Taki wieczór jest istnym ansamblowym utworem, gdzie cała trupa krzyczy, gdzie każdy instrument w orkiestrze wyciąga swoją frazę. Ujrzysz tam wielu szanownych ludzi, którzy przychodzą szukać rozrywki i płacą za nią tak, jak płaciliby za teatr, za dobrą kuchnię, lub jakby szli do jakiejś nory kupić za takie pieniądze piekące żale na parę miesięcy. Ale czy pojmujesz ile szału, ile energji musi się gromadzić w duszy człowieka czekającego niecierpliwie otwarcia szulerni? Między graczem dziennym a nocnym jest ta różnica, co między flegmatycznym mężem a kochankiem mdlejącym z żądzy pod oknami lubej. Jedynie rano, dygocąca namiętność i potrzeba zjawiają się w całej swej okropności. W tej chwili możesz podziwiać prawdziwego gracza, który nie jadł, nie spał, nie żył, nie myślał, tak mocno smagał go bicz obmyślonego "systemu", tak nieznośnie swędzą go kombinacje trente-et-quarante. O tej przeklętej godzinie spotkasz oczy których spokój przeraża, twarze które cię przykuwają, spojrzenia które przyciągają karty i pożerają je. To też domy gry są wspaniałe jedynie w chwili otwarcia. Jeżeli Hiszpanja ma swoje walki byków, jeżeli Rzym miał swoich gladjatorów, Paryż pyszni się swoim Palais-Royal, którego drażniące rulety dają przyjemność oglądania krwi płynącej strumieniami, bez niebezpieczeństwa pośliźnięcia się o nią na podłodze. Spróbuj rzucić przelotne spojrzenie na tę arenę, wejdź!... Cóż za nagość! Ściany obite papierem zatłuszczonym na wysokość człowieka, nie przedstawiają ani jednego obrazu zdolnego orzeźwić duszę. Niema tam nawet gwoździa dla ułatwienia samobójstwa. Podłoga zużyta i niechlujna. Podłużny stół zajmuje środek sali. Proste słomiane krzesła, cisnące się dokoła tego sukna wytartego złotem, świadczą o szczególnej obojętności na zbytek u tych ludzi którzy przychodzą tu ginąć dla majątku i dla zbytku. Ta sprzeczność ludzka ujawnia się wszędzie, gdzie dusza żyje potężnie własnemi zasobami. Kochanek chce spowić swą lubą w jedwabie, oblec ją w najmiększe tkaniny Wschodu, a najczęściej posiada ją na jakimś tapczanie. Ambitny marzy o bezgranicznej władzy, płaszcząc się w błocie służalstwa. Kupiec wegetuje w głębi wilgotnego i niezdrowego sklepu, wznosząc wspaniały pałac, skąd syna jego, przedwczesnego spadkobiercę, wypędzi braterska subhasta. Wreszcie, czy istnieje coś wstrętniejszego niż przybytek "rozkoszy"? Osobliwy problem! Wciąż w sprzeczności ze samym sobą, oszukując swoje nadzieje obecną niedolą, a swoje niedole przyszłością która doń nie należy, człowiek daje wszystkim swoim uczynkom piętno niekonsekwencji i słabości. Na tym padole, pełnem jest tylko nieszczęście.

W chwili gdy młody człowiek wszedł do sali, było już tam kilku graczy. Trzech łysych starców siedziało dokoła zielonego stołu; ich gipsowe twarze, niewzruszone jak twarze dyplomatów, odsłaniały dusze zużyte, serca które oddawna odwykły bić, nawet przy stawianiu na kartę posagu żony. Młody Włoch o kruczych włosach i oliwkowej cerze, stał oparty spokojnie o stół i zdawał się słuchać owych tajemnych przeczuć, które krzyczą niechybnie graczowi: "Tak! - Nie!" Ta południowa głowa oddychała ogniem i złotem. Siedmiu czy ośmiu widzów, stojących kołem tak że tworzyli galerję, oczekiwało scen, które im gotowały igraszki losu, twarze aktorów, ruch pieniędzy i grabek. Próżniacy ci stali tam milczący, nieruchomi, baczni, jak lud na placu Gr?ve, kiedy kat kosi głowę. Wysoki, suchy mężczyzna, w wytartem ubraniu, trzymał w jednej ręce kartkę a w drugiej szpilkę by znaczyć czarne lub czerwone. Był to jeden z tych nowożytnych Tantalów, żyjących na marginesie wszystkich uciech swej epoki, jeden z owych skąpców bez skarbu, rozgrywających urojoną stawkę; gatunek rozsądnego warjata, który pociesza się w swej nędzy, pieszcząc chimery, który, słowem, manipuluje występkiem i niebezpieczeństwem tak, jak młodzi księża, odprawiający białe msze, eucharystją. Nawprost banku znajdowało się paru owych szczwanych kombinatorów, wytrawionych w ogniu gry, podobnych starym galernikom których nie przerażają już galery; tacy przychodzą aby postawić dwa lub trzy razy i unoszą natychmiast prawdopodobny zysk, stanowiący ich utrzymanie. Dwaj starzy służący zakładowi przechadzali się niedbale z założonemi rękami, spoglądając od czasu do czasu w ogród przez okno, jak gdyby dla pokazania przechodniom, niby szyldu, swoich tępych fizjognomji. Krupier i bankier objęli właśnie poniterów owem bladem spojrzeniem które ich zabija, i wyrzekli dyszkantem: "Proszę obstawiać!" w chwili gdy młody człowiek otworzył drzwi. Milczenie stało się jakgdyby głębsze, głowy obróciły się przez ciekawość ku nowoprzybyłemu. Rzecz niesłychana! stępiali starcy, skostnieli funkcjonarjusze, widzowie, nawet zaciekły Włoch, wszyscy, na widok nieznajomego doznali jakiegoś okropnego uczucia. Czy nie trzeba być bardz nieszczęśliwym aby uzyskać litość, bardzo słabym aby wzbudzić sympatję, lub też wyglądać bardzo złowrogo aby wstrząsnąć dreszczem dusze w tej sali gdzie cierpienie musi być nieme, gdzie nędza jest wesoła a rozpacz przyzwoita? Otóż, było coś z tego wszystkiego we wrażeniu które poruszyło te lodowate serca, kiedy młody człowiek wszedł. Czyż kaci nie płakali nieraz nad jasnowłosemi dziewicami, których głowy miały spaść na znak Rewolucji?

Od pierwszego rzutu oka gracze wyczytali na twarzy nowicjusza jakąś straszną tajemnicę; młode jego rysy były przepojone melancholijnym wdziękiem, spojrzenie świadczyło o zawiedzionych wysiłkach, o tysiącu oszukanych nadziei. Martwa bezczułość samobójstwa nadawała temu czołu matową i chorobliwą bladość, gorzki uśmiech rysował lekkie fałdy w kątach ust, a fizjognomja wyrażała rezygnację, na którą przykro było patrzeć. Jakiś tajemniczy Duch migotał w głębi tych oczu, zamglonych może wyczerpaniem rozkoszy. Czy to rozpusta naznaczyła swojem brudnem piętnem tę szlachetną twarz, niegdyś czystą i promienną, obecnie spodloną? Lekarze przypisaliby z pewnością chorobie serca lub piersi żółtą obwódkę okalającą powieki i rumieniec barwiący policzki; poeci natomiast chcieliby w tych znakach widzieć spustoszenia sprawione przez naukę, ślady nocy spędzonych przy blasku studenckiej lampy. Ale namiętność bardziej śmiertelna od choroby, choroba bardziej bezlitosna od nauki i talentu, szpeciły tę młodą głowę, napinały te pełne życia muskuły, kurczyły to serce, które rozpusta, nauka i choroba zaledwie musnęły. Podobnie jak słynnego zbrodniarza, gdy zjawi się w kaźni, skazańcy przyjmują z szacunkiem, tak wszystkie te czarty ludzkie, znawcy wszelkich męczarni, skłonili się przed niesłychaną boleścią, przed głęboką raną, którą zgłębili wzrokiem, uznając w przybyszu jednego ze swoich książąt po majestacie jego niemej ironji, po wytwornej nędzy jego stroju. Młody człowiek miał frak wykwintnie skrojony, ale kamizelna nazbyt misternie spojona była z krawatem, aby można było pod nią przypuszczać obecność bielizny. Ręce, ładne jak u kobiety, były wątpliwej czystości: od dwóch dni obywały się bez rękawiczek! Jeżeli krupier a nawet służący zadrżeli, to dlatego, że czar niewinności wykwitał tu i owdzie w tych wątłych i delikatnych kształtach, w tych jasnych i rzadkich włosach, układających się w naturalne pukle. Ta twarz miała jeszcze dwadzieścia pięć lat, a występek zdawał się na niej jedynie czemś przygodnem. Krzepkie młode życie walczyło ze spustoszeniami bezsilnej lubieżności. Mroki i światło, nicość i istnienie ścierały się na niej, rodząc równocześnie i wdzięk i ohydę. Młody człowiek wyglądał tam niby anioł bez promieni, zbłąkany w swej drodze. To też, wszyscy ci starzy nauczyciele występku i hańby, podobni do bezzębnej staruchy, zdjętej litością na widok młodej dziewczyny która rzucić ma się w rozpustę, omal nie krzyknęli nowicjuszowi: "Wyjdź stąd!" On podszedł prosto do stołu, zatrzymał się, cisnął bez żadnych obliczeń na stół sztukę złota którą trzymał w ręce i która potoczyła się na czarne, poczem, jak silne dusze brzydzące się małostkową niepewnością, objął krupjera spojrzeniem wraz burzliwem i spokojnem. Zaciekawienie w sali było tak wielkie, że starcy zapomnieli postawić; natomiast Włoch chwycił się z fanatyczną namiętnością myśli która mu się nagle uśmiechnęła, i postawił kupę złota przeciw stawce nieznajomego. Bankier zapomniał wygłosić tych frazesów, które z czasem zmieniły się w chrapliwy i niezrozumiały krzyk: "Panowie, proszę stawiać! - Obstawione! - Nie przyjmuje się więcej!" Krupier rozłożył karty, z miną taką jakgdyby życzył szczęścia ostatnio przybyłemu, obojętny na zysk lub stratę przedsiębiorców tych posępnych rozkoszy. Każdy z graczy dopatrywał się dramatu i ostatniej sceny szlachetnego życia w losach tej sztuki złota; oczy ich, utkwione w fatydycznych obrazkach, błyszczały; ale, mimo uwagi z jaką spoglądali kolejno na młodego człowieka i na karty, nie mogli dostrzec żadnej oznaki wzruszenia na jego zimnej i zrezygnowanej twarzy.

- Czerwone, parzyste, passe, wywołał urzędownie krupier.

Głuchy charkot dobył się z piersi Włocha, kiedy ujrzał padające kolejno zwitki banknotów, które mu rzucał bankier. Co się tyczy młodego człowieka, zrozumiał swą katastrofę dopiero w chwili gdy grabki wysunęły się aby mu zgarnąć ostatniego napoleona. Kość słoniowa dobyła suchy dźwięk ze sztuki monety, która, szybka jak strzała, pomknęła ku kupie złota wznoszącej się przed kasą. Nieznajomy przymknął lekko oczy, wargi mu zbielały; ale niebawem podniósł powieki, usta odzyskały barwę koralu, przybrał minę Anglika dla którego życie nie ma już tajemnic, i znikł nie żebrząc pociechy owem rozdzierającem spojrzeniem, jakie zrozpaczeni gracze rzucają dość często w stronę galerji widzów. Ile wypadków tłoczy się na przestrzeni sekundy, a ile rzeczy w jednym rzucie kości!

- Z pewnością ostatni jego nabój, rzekł z uśmiechem krupier, po chwili milczenia przez którą trzymał tę sztukę złota w dwóch palcach, aby ją pokazać obecnym.

- To warjat; pójdzie teraz rzucić się w wodę, odparł jakiś bywalec, spoglądając dokoła po graczach którzy znali się wszyscy.

- Ba! wykrzyknął służący zakładowy, biorąc szczyptę tabaki.

- Gdybyśmy byli naśladowali pana! rzekł starzec do swoich kolegów, wskazując Włocha.

Wszyscy spojrzeli na szczęśliwego gracza, któremu ręce drżały przy liczeniu banknotów.

- Usłyszałem, rzekł, głos, który mi krzyczał do ucha: "Gra zadrwi sobie z rozpaczy tego chłopca".

- To nie jest gracz, dodał bankier; inaczej byłby podzielił swoją stawkę na trzy partje, aby zyskać więcej szans.

Młody człowiek przeszedł nie żądając kapelusza; ale stary cerber, zauważywszy nędzny stan tego łachmana, oddał mu go bez słowa; gracz zwrócił machinalnie znaczek i zeszedł po schodach gwiżdżąc Di tanti palpiti tak wątłym tchem, że ledwie sam mógł słyszeć tę uroczą melodję.

Niebawem znalazł się w galerjach Palais-Royal, dotarł aż do ulicy św. Honorjusza, skręcił ku Tuillerjom i przebył ogród niepewnym krokiem. Szedł jakby wśród pustyni, potrącany przez ludzi których nie widział, słysząc poprzez uliczny gwar tylko jeden głos, głos śmierci; słowem, zatopiony w martwej zadumie, podobnej do tej jaka niegdyś musiała ogarniać zbrodniarzy, gdy wózek wiózł ich z Pałacu na plac Gr?ve, ku owemu rusztowaniu czerwonemu od wszystkiej krwi wylanej od r. 1793.

Jest coś dziwnie wielkiego i okropnego w samobójstwie. Upadek większości ludzi nie jest niebezpieczny, jak u dziecka które pada ze zbyt bliska aby się skaleczyć; ale kiedy rozbija się wielki człowiek, musi to być z bardzo wysoka, musiał się wznieść aż w niebo, dojrzeć jakiegoś niedostępnego raju. Nieubłagane muszą być huragany, które mu każą szukać spokoju duszy w lufie pistoletu. Ile młodych talentów uwięzionych na jakiemś poddaszu więdnie i ginie dla braku przyjaciela, dla braku kobiety pocieszycielki, pośród miljona istot, w obecności tłumu przesyconego złotem i żartego nudą! Na tę myśl, samobójstwo przybiera gigantyczne kształty. Między dobrowolną śmiercią a żyzną nadzieją której głos wołał młodego człowieka do Paryża, sam Bóg wie ile tłoczy się pomysłów, poniechanych poezji, zdławionych rozpaczy i krzyków, daremnych pokus i poronionych arcydzieł. Każde samobójstwo jest wzniosłym poematem melancholji. Gdzie znajdziecie, w oceanie literatury, książkę, któraby mogła walczyć na siłę wyrazu z tą gazeciarską notatką:

 

"Wczoraj o godzinie czwartej, młoda kobieta rzuciła się do Sekwany z mostu des Arts".

 

Wobec tego paryskiego lakonizmu, dramaty, romanse, wszystko blednie, nawet ten stary napis: Lamentacje wspaniałego króla Kaërnawana wtrąconego do więzienia przez własne dzieci; ostatni fragment zagubionej książki, pobudzającej do płaczu owego Sterna, który sam opuścił swoją żonę i dzieci...

Nieznajomego oblegało tysiąc podobnych myśli, przebiegały strzępami przez jego duszę, tak jak podarte sztandary fruwają na polu bitwy. Jeżeli na chwilę odkładał brzemię swej inteligencji i swoich wspomnień aby przystanąć przed jakimś kwiatkiem, którego główkę miękko kołysał wietrzyk wśród zieleni, niebawem, owładnięty spazmem życia które prężyło się jeszcze pod gniotącą myślą samobójstwa, wznosił oczy ku niebu: tam, szare chmury, podmuchy wiatru przepojone smutkiem, duszna atmosfera, doradzały mu znowuż umrzeć. Skierował się w stronę mostu Królewskiego, myśląc o ostatnich zachceniach swoich poprzedników. Uśmiechnął się przypominając sobie, że lord Castlereagh zaspokoił wprzód najniższą z ludzkich potrzeb zanim sobie poderżnął gardło; akademik zaś Auber poszukał tabakierki aby zażywać tabakę idąc na śmierć. Rozbierał te dziwactwa i zastanawiał się nad samym sobą; naraz, kiedy się usunął ku parapetowi mostu aby przepuścić jakiegoś tragarza, ten oprószył mu lekko rękaw; otóż złapał się na tem, że starannie otrzepał pył. Doszedłszy do połowy mostu, spojrzał posępnie na wodę.

- Lichy czas dla topielców, rzekła śmiejąc się staruszka w łachmanach. Ależ brudna i zimna ta Sekwana!

Odpowiedział szczerym uśmiechem który świadczył o napięciu jego determinacji; ale naraz zadrżał, ujrzawszy zdaleka, koło Tuilleryjskiego portu, barak uwieńczony napisem, gdzie rysowały się literami na stopę wysokiemi te słowa: POMOC DLA TOPIELCÓW. Ukazał mu się p. Dacheux, zbrojny swą filantropją, jak budzi i wprawia w ruch owe cnotliwe wiosła, rozbijające głowy topielcom, skoro, nieszczęściem, wynurzą się nad wodę; ujrzał go jak ściąga ciekawych, woła lekarza, cuci; odczytał żale dziennikarza, kreślone przy wesołej kolacji pod okiem uśmiechniętej tancerki; usłyszał dźwięk talarów wyliczanych za jego głowę przewoźnikowi przez prefekta policji. Po śmierci wart był pięćdziesiąt franków; ale żywy był jedynie talentem bez protektorów, bez przyjaciół, bez legowiska i bez dachu, prawdziwym zerem społecznym, bezużytecznym dla państwa dla którego się nie liczy. Śmierć w biały dzień wydała mu się ohydną, postanowił umrzeć w nocy, aby rzucić nieogadnionego trupa temu społeczeństwu, nie rozumiejącemu wielkości jego życia! Szedł tedy dalej przed siebie i skierował się ku wybrzeżu Woltera, przybierając niedbały chód próżniaka starającego się zabić czas. Skoro zeszedł po stopniach któremi kończy się chodnik mostu, uwagę jego ściągnęły książki rozłożone na parapecie na rogu wybrzeża; mało brakło a zacząłby targować którą. Uśmiechnął się, włożył filozoficznie ręce do kieszeni i miał wrócić do swej niedbałej postawy w której przebijała zimna wzgarda, kiedy nagle usłyszał ze zdumieniem w swej kieszeni zgoła fantastyczny dźwięk kilku sztuk monety. Uśmiech nadziei rozjaśnił jego twarz, ześlizgnął się z warg na policzki, na czoło, rozpromienił radością oczy i posępne lica. Ta iskierka szczęścia podobna była do owych ogników, które biegną po strzępach papieru już zżartego płomieniem; ale twarz podzieliła los czarnych popiołów, stała się z powrotem smutna, kiedy nieznajony, wyciągnąwszy żywo rękę z kieszonki, ujrzał trzy miedziaki.

- Och, mój dobry panie, la carita! la carita! Catarina! grosika na chlebuś!

Mały kominiarczyk z obrzękłą czarną twarzą, z ciałem ciemnem od sadzy, odziany w łachmany, wyciągał rękę do tego człowieka aby mu wydrzeć jego ostatni grosz.

O dwa kroki od małego Sabaudczyka, stary nieśmiały żebrak, chorowity, znękany, odziany w jakąś brudną i dziurawą szmatę, ozwał się grubym i bezdźwięcznym głosem:

- Panie, daj mi co łaska, będę się modlił za pana...

Ale, kiedy młody człowiek spojrzał na żebraka, ów zamilkł i nie prosił już o nic, poznając może na tej grobowej twarzy liberję nędzy okropniejszej może niż jego własna.

- La carita! la carita!

Nieznajomy rzucił swoje groszaki dziecku i starcowi, poczem opuścił chodnik udając się w stronę domów, nie mógł znieść przejmującego widoku Sekwany.

- Będziemy się modlili do Boga zby panu dał długie życie, rzekli dwaj żebracy.

Zbliżając się do wystawy handlarza sztychów, wpółmartwy ten człowiek spotkał młodą kobietę wysiadającą ze świetnego pojazdu. Patrzał z rozkoszą na tę uroczą osobę, której biała twarz była harmonijnie oprawna w atłas wykwintnego kapelusika. Oczarowała go smukła kibić, zręczne ruchy. Suknia, lekko podniesiona przez stopień pojazdu, odsłoniła nóżkę, której delikatny zarys znaczył się białą i dobrze obciągniętą pończoszką. Młoda kobieta weszła do sklepu, oglądała albumy, zbiory litografji; nakupiła za kilka sztuk złota, które zabłysły i zadźwięczały na ladzie. Młody człowiek, napozór zajęty na progu oglądaniem rycin wystawionych w oknie, objął żywo piękną nieznajomą wymownem spojrzeniem otrzymując w zamian ów obojętny rzut oka jakim się darzy niekiedy przechodnia. Było to z jego strony pożegnanie z miłością, z kobietą! ale to ostatnie i przejmujące zapytanie nie znalazło oddźwięku, nie poruszyło serca płochej kobiety, nie przyprawiło jej o rumieniec, nie kazało spuścić oczu. Cóż to było dla niej? jedno pochlebstwo więcej, zbudzone pragnienie, które, wieczorem, podsunie jej te lube słowa: "Byłam dziś ładna!" Młody człowiek skupił żywo wzrok na jakiejś rycinie i nie odwrócił się gdy nieznajoma wsiadała do powozu. Konie ruszyły, ten ostatni obraz wykwintu i zbytku znikł, tak jak miało zniknąć jego życie. Szedł smętnym krokiem wzdłuż sklepów, oglądając bez wielkiego zainteresowania próbki towarów. Kiedy mu zbrakło sklepów, oglądał Luwr, Instytut, wieże Nôtre-Dame, Pałacu, most des Arts. Budowle te przybtały jak gdyby wyraz smutku, odbijając szare tony nieba; rzadkie poblaski światła dawały jakiś groźny wygląd Paryżowi, który, jak ładna kobieta, podlega niewytłómaczonym kaprysom piękna i brzydoty. Tak więc, natura sama siliła się pogrążyć skazańca w bolesnej ekstazie. Wydany tej złowrogiej potędze, której rozkładowe działanie sączy się wraz z fluidem krążącym w naszych nerwach, uczuł iż organizm jego dochodzi nieznacznie do zjawisk jakgdyby płynności. Męczarnie tej agonji dawały mu wrażenie ruchu podobnego ruchowi fal i sprawiały że widział budynki i ludzi poprzez mgłę w której wszystko falowało. Chciał się otrząsnąć z tego łaskotania jakiem niepokoiły jego duszę wrażenia natury fizycznej i skierował się ku magazynowi starożytności w zamiarze dania strawy swoim zmysłom lub doczekania nocy targując jakieś dzieła sztuki. Znaczyło to, niejako, skupiać odwagę i prosić o kordjał, jak skazaniec który nie ufa swoim siłom idąc na rusztowanie; ale świadomość bliskiej śmierci wróciła na chwilę młodemu człowiekowi pewność siebie godną księżnej mającej dwóch kochanków: wszedł do handlarza osobliwości swobodnie, z uśmiechem zastygłym na ustach jak uśmiech pijaka. Czyż nie był pijany życiem lub może śmiercią? Niebawem nawiedził go znów ten sam zawrót głowy, wciąż widział przedmioty dziwnie zabarwione lub ożywione lekkim ruchem, którego przyczyny tkwiły niewątpliwie w nieregularnem krążeniu jego krwi, to kipiącej jak wodospad, to spokojnej i mdłej jak letnia woda. Poprosił naturalnym tonem o pokazanie mu magazynów dla zobaczenia czy nie znajdzie się coś coby mu się nadało. Młody chłopiec o świeżej i pyzatej twarzy, o rudej czuprynie nakrytej futrzaną czapeczką, powierzył opiekę nad sklepem starej wieśniaczce, wcieleniu żeńskiego Kalibana, zajętej czyszczeniem pieca, którego cuda zawdzięczały istnienie genjuszowi Bernarda Palissy; poczem rzekł obojętnie do przybysza:

- Proszę, bardzo proszę! Na dole mamy jedynie rzeczy dosyć pospolite; ale, jeżeli raczy pan potrudzić się na pierwsze piętro, będę mógł panu pokazać bardzo piękne mumje kairskie, gliniane wyroby inkrustowane, rzeźbione hebany, prawdziwy renesans, wszystko świeżo przybyłe, rzeczy skończenie piękne.

W okropnem położeniu w jakiem znajdował się nieznajomy, ten szczebiot cicerona, te głupio reklamowe zdania były dlań niby małostkowe dokuczliwości, jakiemi małe dusze zamordowują genjalnego człowieka. Niosąc swój krzyż do końca, udawał iż słucha swego przewodnika i odpowiadał mu gestem lub monosylabami; ale niebawem zdołał sobie wywalczyć prawo do milczenia i mógł się oddać bezpiecznie swoim ostatnim dumaniom, które były straszne. Był poetą, a dusza jego znalazła przypadkowo olbrzymi żer: miał widzieć z góry cmentarzysko dwudziestu światów.

Na pierwszy rzut oka, magazyny nastręczyły mu skłębiony obraz, w którym mięszały się wszystkie dzieła ludzkie i boskie. Krokodyle, małpy, wypchane węże uśmiechały się do witrażów kościelnych, zdawały się chcieć kąsać biusty, biec za jakimś wazonem lub drapać się na świecznik. Waza serwska, na której pani Jaconot wymalowała Napoleona, znajdowała się obok sfinksa poświęconego Sezostrisowi. Początek świata i wczorajsze wydarzenia kojarzyły się z pocieszną dobrodusznością. Rożen leżał na monstrancji, szabla republikańska na średniowiecznym rzędzie. Pani du Barry, malowana pastelami przez Latoura, z gwiazdą na głowie, w chmurze, zdawała się pożądliwie oglądać indyjską fajkę, siląc się odgadnąć przeznaczenie skrętów które ku niej pełzały. Narzędzia śmierci, sztylety, samopały, tajemne bronie, pomięszane były z narzędziami życia: półmiski porcelanowe, saskie talerze, przeźroczyste filiżanki przybyłe z Chin, stare solniczki, feudalne kubki. Okręt z kości słoniowej płynął pełnemi żaglami na grzbiecie nieruchomego żółwia. Pneumatyczna maszyna właziła w oko majestatycznie nieruchomego cesarza Augusta. Kilka portretów ławników francuskich, burmistrzów holenderskich, niewzruszonych obecnie jak za życia, wznosiło się ponad tym chaosem starożytności, obejmując go zimnem i bladem spojrzeniem. Rzekłbyś, wszystkie krainy świata przyniosły tu jakiś szczątek swej wiedzy, próbkę swoich sztuk. Był to rodzaj filozoficznego śmietnika, gdzie nic nie brakowało, ani trzcinowej fajki dzikiego, ani zielono-złotych pantofli z seraju, ani jataganu Maura, ani tatarskiego bożyszcza. Nawet żołnierska puszka na tytoń, nawet cyborjum kościelne, nawet pióropusz z jakiegoś tronu. Te potworne obrazy podlegały jeszcze tysiącznym igraszkom światła, wskutek kaprysu mnóstwa refleksów wynikłych z pomieszania odcieni, z nagłych przeciwieństw światła i mroku. Wreszcie uparty kurz zasnuł swą lekką zasłonę na wszystkich tych przedmiotach, których mnogie kąty i liczne wklęsłości rodziły nader malownicze efekty.

Te trzy sale, przepełnione cywilizacją, obrządkami, bóstwami, arcydziełami, królestwami, rozpustą, rozumem i szaleństwem, wydały się zrazu nieznajomemu niby zwierciadło rżnięte w tafelki z których każda odbijała jakiś świat. Po tem mglistem wrażeniu, chciał rozkoszować się ze świadomością; ale, pod wpływem patrzenia, myślenia, marzenia, popadł w gorączkę zrodzoną może przez głód, którzy szalał w jego wnętrznościach. Widok tylu istnień, narodowych lub indywidualnych, zaklętych w te dokumenty ludzkie które po nich przetrwały, do reszty zamroczył zmysły młodego człowieka; chęć, która go pchnęła do tego magazynu, ziściła się: opuścił rzeczywiste życie, wstąpił stopniowo w świat złudy, przybył do zaczarowanych pałaców ekstazy, gdzie wszechświat objawił mu się w strzępach, w ognistych smugach, tak jak przyszłość ukazała się niegdyś w blasku oczom św. Jana na Patmos.

Mnóstwo bolesnych twarzy, uroczych i straszliwych, mrocznych i świetlnych, dalekich i bliskich, podniosło się gromadnie, mirjadami, pokoleniami. Egipt, sztywny, tajemniczy, wstał ze swoich piasków, wcielony w mumię spowitą w czarne przepaski; potem Faraonowie grzebiący narody całe aby sobie wznieść grobowiec, i Mojżesz i Hebrajczycy, i pustynia - ujrzał cały świat, starożytny i uroczysty. Pełen świeżości i wdzięku, lśniący białością marmurowy posąg na kolumnie rozwijającej się w kształt kielicha, mówił mu o rozkosznych mitach Grecji i Jonji. Ach, któż nie byłby się uśmiechnął jak on, widząc, na czerwonem tle, ciemnowłosą dziewczynę tańczącą na delikatnej glinie wazy etruskiej przed bogiem Pryapem, którego pozdrawiała radosnem obliczem? Królowa łacińska pieściła miłosnem spojrzeniem swą chimerę! Kaprysy cesarskiej Romy oddychały tu pełną piersią i odsłaniały kąpiel, łoże, gotowalnię leniwej i rozmarzonej Julji, oczekującej swego Tibulla. Uzbrojona mocą arabskich talizmanów, głowa Cycerona budziła wspomnienia wolnego Rzymu i rozwijała karty Tytusa Liwiusza. Młody człowiek ujrzał oto Senatus populusque romanus: konsul, liktorzy, togi obramione purpurą, walki na Forum, gniewny lud, przesuwały się zwolna przed nim niby mgliste obrazy senne. Wreszcie Rzym chrześcijański zapanował nad temi obrazami. Pendzel malarza otworzył mu niebo: widział w niem Maryę-dziewicę w chmurze ze złota, na łonie aniołów, zaćmiewającą przepych słońca, słuchającą skarg nieszczęśliwych, do których ta odrodzona Ewa uśmiechała się łagodnie. Dotykając mozajki wykonanej z rozmaitych law Wezuwjusza i Etny, dusza jego ulatywała ku gorącym i dzikim Włochom; brał udział w ucztach Borgji, biegł w Abruzzy, pożądał miłości włoskiej, palił się do białych twarzy o podłużnych czarnych oczach. Drżał na myśl o nocnej schadzce przerwanej zimną szpadą męża, oglądając średniowieczny sztylet, którego rękojeść rzeźbiona jest jak koronka a na którym rdza podobna bywa do plam krwi. Indje i ich religje odżyły w bożyszczu ustrojonem w szpiczasty kapelusz, o płaskich brzegach zdobnych dzwoneczkami, przybranem w złoto i jedwab. Obok magota, mata, ładna jak bajadera która się na niej przeciągała, wydzielała jeszcze zapach sandału. Potworek chiński, o skośnych oczach, krzywych ustach, powykręcanych członkach, drażnił duszę wymysłami ludu, który, znudzony jednostajnością piękna, znajduje niewymowne rozkosze w mnogości form szpetoty. Solniczka pochodząca z pracowni Benwenuta Cellini przeniosła go z powrotem na łono Odrodzenia, w czasy gdy kwitły sztuki i rozpusta, gdy panujący przyglądali się dla rozrywki torturom, gdy sobory, spoczywając w objęciach nierządnic, uchwalały dla prostych księży czystość. Ujrzał na koniec podboje Aleksandra; rzezie Pizarra w starej rusznicy; wojny religijne, rozszalałe, namiętne, okrutne, na dnie kasku. To znów dworne i lube obrazy rycerstwa wykwitły z cudnie nabijanej zbroi medjolańskiej, z której z pod przyłbicy błyszczały jeszcze oczy rycerza.

Ten ocean mebli, wynalazków, mód, dzieł, szczątków, tworzył dlań poemat bez końca. Kształty, barwy, myśli, wszystko tu nabrało życia; ale nic nie jawiło się duszy w pełnej postaci. Poeta musiał kończyć szkic wielkiego malarza, twórcy tej olbrzymiej planety, gdzie niezliczone przypadki życia ludzkiego były rzucone bez rachuby, ze wzgardą. Ogarnąwszy świat, napatrzywszy się krajom, wiekom, królestwom, młody człowiek wrócił do istnień poszczególnych. Podjął na nowo swoje wcielenia, zapuścił się w szczegóły, odpychając życie ludów, jako zbyt przygniatające dla jednego człowieka.

Tu spało woskowe dziecko, ocalone z gabinetu Ruyscha, a czarująca ta istota przypominała mu uciechy dziecięctwa. Draźniący widok dziewiczej przepaski jakiejś młodej mieszkanki Taiti, rozpłomienił jego wyobraźnię, malując proste życie natury, niewinną nagość prawdziwej skromności, rozkoszne i tak wrodzone człowiekowi lenistwo, całą spokojną dolę nad brzegami chłodnego i kołyszącego do marzeń strumienia, pod drzewem bananu, sypiącego bez uprawy smakowitą mannę. To znów stawał się korsarzem, stroił się w straszliwą poezję Lary, żywo obudzoną perłowemi tonami tysiąca muszel, podsyconą widokiem polipów pachnących morszczyną, algami i huraganami Atlantyku. Zapominał o burzach morskich, podziwiając znowuż subtelne miniatury, lazurowe i złote arabeski zdobiące jakiś ręką pisany mszał. Miękko kołysany pokojowemi myślami, zanurzał się w nauce i wiedzy, pragnąc żyć sutem życiem mnichów, wolnem od zgryzot i rozkoszy; wyciągał się na tapczanie w swej celi, oglądając przez gotyckie okno łąki, lasy, winnice klasztorne. Przed jakiemś Teniersem przywdziewał kaftan żołnierski lub siermięgę robotnika; pragnął nosić brudną i zadymioną czapkę Flamandów, zapijał się piwem, grał z nimi w karty i uśmiechał się do tęgiej wieśniaczki o soczystych kształtach. Trząsł się z zimna widząc zadymkę śnieżną Mierisa, to znów bił się patrząc na bitwę Salwatora Rosa. Pieścił dłonią tomahawk ilinojski i czuł jak nóż Irokeza zdziera mu skórę z czaszki. Oczarowany widokiem lutni, powierzał ją dłoni kasztelanki, napawając się melodyjną romanzą i wyrażając jej swą miłość, wieczorem, przy gotyckim kominku, w mroku w którem gubiło się jej omdlałe spojrzenie. Czepiał się wszystkich radości, przeżywał wszystkie bóle, chwytał się wszystkich form istnienia, sypiąc tak hojnie swoje życie i swoje uczucia na majaki tej namacalnej i czczej zarazem natury, że łoskot własnych kroków rozbrzmiewał w jego duszy niby odległy dźwięk z innego świata, tak jak zgiełk Paryża dochodzi do wieżyc Nôtre-Dame.

Wstępując na wewnętrzne schody wiodące do sal na pierwszem piętrze, ujrzał tarcze, zbroje, rzeźbione cyborja, drewniane posągi wiszące na ścianie, stojące na każdym stopniu. Ścigany najdziwniejszemi kształtami, cudownemi tworami mieszczącemi się na pograniczu śmierci i życia, szedł niby we śnie. Wreszcie, zatraciwszy poczucie swego istnienia, stał się jak te osobliwości: ani zupełnie martwym ani zupełnie żywym. Kiedy wszedł do dalszych magazynów, zaczynał zapadać zmierzch; ale światło zdawało się zbędne owym lśniącym od złota i srebra bogactwom które były tam nagromadzone. Najkosztowniejsze kaprysy marnotrawców, którzy skończyli na poddaszu strwoniwszy wiele miljonów, znajdowały się w tym rozległym bazarze ludzkiego szaleństwa. Kałamarz, zapłacony setką tysięcy a odkupiony za pięć franków, leżał obok sekretnego zamku, którego cena starczyłaby niegdyś na okup dla króla. Tu, rodzaj ludzki ukazywał się we wszystkich przepychach nędzy, w całej chwale swoich olbrzymich małostek. Hebanowy stół, prawdziwe cacko artysty, wyrzeźbione wedle rysunków Jana Goujon, owoc kilku lat pracy, nabyto może w cenie drzewa na opał. Szacowne puzdra, sprzęty wykonane ręką wróżek, leżały tam niedbale porzucone.

- Wy tu macie miljony! wykrzyknął młody człowiek dochodząc do pokoju, który kończył niezliczony szereg komnat, złoconych i rzeźbionych przez artystów ubiegłego wieku.

- Powiedz pan miljardy, odparł pyzaty chłopiec. Ale to jeszcze nic, niech pan pójdzie na trzecie piętro, a zobaczy pan!

Nieznajomy udał się za przewodnikiem i przybył do czwartej galerji, gdzie kolejno przesuwały się przed jego zmęczonemi oczyma obrazy Poussina, wspaniały posąg Michała Anioła, kilka uroczych krajobrazów Klaudjusza Lorrain, Gerard Dow przypominający jakąś stronicę ze Sterne'a, Rembrandty, Murille, Velasquezy ciemne i barwne jak poemat lorda Byrona; wreszcie starożytne płaskorzeźby, rżnięte agaty, cudowne onyksy!... Słowem, były tu prace zdolne zniechęcić do pracy, nagromadzenie arcydzieł zdolne zrodzić nienawiść do sztuki i zabić wszelki entuzjazm. Przybył przed Dziewicę Rafaela, ale miał już dosyć Rafaela. Postać Corregia, która dopraszała się spojrzenia, nie uzyskała go. Bezcenna waza ze starożytnego porfiru, której okrężne rzeźby przedstawiały najucieszniej wyuzdaną z rzymskich priapei - rozkosz jakiejś Korynny - zaledwie wzbudziła uśmiech. Dławił się pod szczątkami pięćdziesięciu zamarłych wieków, chory był od tych wszystkich myśli ludzkich, zamordowany zbytkiem i sztuką, przytłoczony temi odradzającemi się kształtami, które, podobne potworom płodzonym pod jego nogami przez jakiegoś złośliwego ducha, toczyły z nim walki bez końca.

Podobna w swoich kaprysach do nowoczesnej chemji, która streszcza wszelką istność w gazie, czyż dusza nie tworzy straszliwych trucizn przez nagłe zagęszczenie swoich wzruszeń, swoich sił lub myśli? Czy wielu ludzi nie ginie od piorunującego działania jakiegoś kwasu moralnego, nagle rozlanego w ich wewnętrznej istocie?

- Co zawiera ta skrzynka? spytał wchodząc do obszernego gabinetu, ostatniego cmentarzyska sławy, wysiłków ludzkich, oryginalności, bogactw, i ukazując palcem sporą graniatą skrzynkę mahoniową, wiszącą na gwoździu na srebrnym łańcuszku.

- A, to pryncypał ma klucz, rzekł pyzaty chłopak z tajemniczą miną. Jeżeli pan pragnie widzieć ten portret, chętnie odważę się uprzedzić pryncypała.

- Odważysz się? rzekł młody człowiek. Czy twój pryncypał jest księciem?

- Nie wiem, proszę pana, odparł chłopiec.

Spojrzeli na siebie przez chwilę, obaj jednako zdumieni. Wytłómaczywszy sobie twierdząco milczenie nieznajomego, chłopiec zostawił go w gabinecie.

Czy zanurzyliście się kiedy w bezmiar przestrzeni i czasu, czytając dzieła geologiczne Cuviera? Porwani jego genjuszem, czy szybowaliście nad bezkresną otchłanią przeszłości, jakgdyby podtrzymywani ręką czarodzieja? Odkrywając, warstwa po warstwie, pokład po pokładzie, pod łomami Montmartru lub krzesanicami Uralu, owe zwierzęta których skamieniałe szczątki należą do przedpotopowych cywilizacji, dusza wzdryga się dostrzegając miljardy lat, miljony narodów, których słaba pamięć ludzka, których niezniszczalna tradycja boska zapomniały, i których popioły, nagromadzone na powierzchni naszego globu, tworzą owe dwie stopy ziemi dające nam chleb i kwiaty. Czy Cuvier nie jest największym poetą naszego wieku? Lord Byron oddał słowami parę duchowych wzruszeń; ale nasz nieśmiertelny przyrodnik odtworzył świat przy pomocy zbielałych kości, odbudował, jak Kadmus, miasta z zębów, zaludnił tysiące lasów wszystkiemi tajemnicami zoologji z paru strzępów torfu, odnalazł pokolenia olbrzymów w stopie mamuta. Te postacie wstają, rosną i zapełniają krajobrazy harmonizujące z ich kolosalnemi kształtami. Jest poetą w swoich cyfrach, jest wzniosły stawiając zero obok siódemki. Ożywia nicość bez wymawiania czarodziejskich zaklęć; bada okruszynę gipsu, dostrzega w niej odcisk i krzyczy wam: "Patrzcie!" Naraz, marmury animalizują się, śmierć się ożywia, świat roztacza się przed nami! Po niezliczonych dynastjach gigantycznych postaci, po pokoleniach ryb i klanach mięczaków, przybywa wreszcie rodzaj ludzki, zwyrodniały produkt wspaniałego typu, zniszczonego może przez Stwórcę. Rozgrzani jego ogarniającem przeszłość spojrzeniem, ci wątli ludzie, zrodzeni ledwie wczoraj, mogą przebyć chaos, wznieść hymn bez końca i wyobrazić sobie przeszłość świata w jakiejś wstecznej Apokalipsie. W obliczu tego przeraźliwego zmartwychwstania od głosu jednego człowieka, ta okruszyna użyczona nam w owym bezkresie bez nazwy, wspólnym wszystkim sferom, który nazywamy CZASEM, ta minuta życia budzi w nas politowanie. Przygnieceni ruinami tylu światów, pytami sami siebie, na co są nasze sławy, nasze nienawiści, nasze miłości; i czy warto przyjmować mozół życia, poto aby się stać w przyszłości niewymiernym punktem? Oderwani od teraźniejszości, popadamy w martwotę aż do chwili w której wejdzie nasz lokaj i oznajmi: "Pani hrabina powiedziała, że oczekuje pana".

Cuda, których widok ukazał młodemu człowiekowi wszystkie postacie istnienia, wprawiły duszę jego w przygnębienie, jakie rodzi się u filozofa z naukowego spojrzenia na nieznane twory. Żywiej niż kiedykolwiek zapragnął umrzeć; osunął się na krzesło kurulne, pozwalając spojrzeniom swoim błądzić przez fantasmagorje tej panoramy przeszłości. Obrazy rozświetliły się, głowy Dziewic uśmiechnęły się doń, posągi ubarwiły się złudnem życiem. Pod osłoną mroku, wprawione w taniec gorączką która kipiała w jego obolałym mózgu, twory te ożywiły się i zaczęły pod nim wirować. Każdy magot wykrzywiał się w jego stronę; powieki osób na obrazach wpół opadły na oczy, aby im dać wypocząć. Każdy z tych kształtów zadrżał, zatrząsł się, ruszył się z miejsca, poważnie, lekko, z wdziękiem lub brutalnie, wedle swoich obyczajów, charakteru i budowy. Był to tajemniczy sabat, godny fantasmagorji oglądanych przez doktora Fausta w Brocken. Ale to zjawisko optyczne, zrodzone ze zmęczenia, z napięcia wzroku lub z igraszek zmierzchu, nie mogły przestraszyć nieznajomego. Strachy życia nie miały mocy nad duszą oswojoną ze strachami śmierci. Poddawał się nawet, z jakiemś drwiącem zadowoleniem, kaprysom tego galwanizmu moralnego, którego czary kojarzyły się z ostatniemi myślami dającemi mu jeszcze poczucie istnienia. Cisza panowała dokoła niego tak głęboka, że niebawem zanurzył się w łagodną zadumę, której nastroje, coraz to czarniejsze, towarzyszyły, odcień po odcieniu i jak gdyby czarami, powolnemu ubytkowi światła. Znikający z nieba blask zamigotał ostatnią czerwoną smugą walcząc przeciw nocy. Młodzieniec podniósł głowę i ujrzał zaledwie oświetlony szkielet, który pochylił gestem powątpiewania głowę z prawej strony ku lewej, jakgdyby chcąc powiedzieć: "Umarli nie chcą cię jeszcze!" Przesuwając rękę po czole aby zeń spędzić sen, młody człowiek uczuł wyraźnie chłodny powiew, spowodowany jakby czemś kosmatem, co mu musnęło lica. Zadrżał. Równocześnie szyby odebrzmiały głuchym stukiem; pomyślał tedy, że ta chłodna pieszczota, godna tajemnic grobu, pochodzi od jakiegoś nietoperza. Przez chwilę jeszcze, słabe poblaski zachodu pozwoliły mu niewyraźnie rozróżniać widma które go otaczały; poczem, cała ta umarła natura utonęła we wspólnym czarnym mroku. Noc, godzina śmierci, przyszła nagle. Od tej chwili upłynął pewien przeciąg czasu, przez który nie miał żadnego jasnego wrażenia rzeczy ziemskich, czyto że pogrążył się w głębokiem marzeniu, czy że uległ senności spowodowanej zmęczeniem, oraz natłokiem myśli szarpiących mu serce. Naraz zdało mu się, że woła go jakiś straszliwy głos: zadrżał tak, jak wówczas, gdy, wśród palącego i dławiącego snu, runiemy nagle w głębiny otchłani. Zamknął oczy, promienie żywego światła oślepiły go: ujrzał błyszczący w ciemności czerwonawy krąg, w którym stał mały staruszek kierując nań światło lampy. Nie słyszał ani jak wchodził, ani jak mówił, ani jak się ruszał. Zjawisko to miało coś magicznego. Najbardziej nieustraszony człowiek, zaskoczony w ten sposób we śnie, zadrżałby może w obliczu tej postaci, wstającej jakgdyby z sąsiedniego sarkofagu. Osobliwa młodość, ożywiająca nieruchome oczy tego niby-widma, nie pozwoliła nieznajomemu uwierzyć w nadprzyrodzony charakter zjawiska; bądź co bądź, przez krótką chwilę dzielącą jego życie somnabuliczne od realnego, pozostał w stanie filozoficznego wątpienia, zaleconego przez Kartezjusza, i przez ten czas znalazł się mimowoli pod władzą owych niewytłómaczonych halucynacji, których tajemnice odtrąca nasza pycha, lub które nasza bezsilna wiedza napróżno sili się zbadać.

Wyobraźcie sobie małego, suchego i chudego staruszka, ubranego w czarną aksamitną szatę, przepasaną grubym jedwabnym sznurem. Na głowie miał aksamitną czapeczkę, również czarną; poniżej, po obu stronach, długie pasma siwych włosów układały się w ten sposób iż tworzyły oprawę dla czoła. Suknia otulała ciało niby obszernym całunem, nie pozwalając dojrzeć żadnego ludzkiego kształtu, oprócz wązkiej i bladej twarzy. Gdyby nie wyschłe ramię, podobne do kija nawieszonego materją, a które starzec trzymał wzniesione w górę aby skierować na młodzieńca cały blask lampy, twarz ta wydawałaby się zawieszona w powietrzu. Siwa kończysta broda dawała tej dziwnej postaci podobieństwo do owych żydowskich głów, które biorą za model artyści, kiedy chcą przedstawić Mojżesza. Wargi tego człowieka były tak bezkrwiste, tak wąskie, że trzeba było szczególnej baczności, aby dojrzeć linję znaczącą usta na tej bladej twarzy. Szerokie pomarszczone czoło, żółte i zapadłe policzki, nieubłagana surowość małych zielonych oczu bez rzęs i brwi, mogły zbudzić w nieznajomym wrażenie, że to ów Ważący złoto Gerarda Dow wyszedł ze swej ramy. Inkwizytorska przenikliwość, wyrażająca się w zmarszczkach na czole i skroniach, świadczyła o głębokiej wiedzy życia. Niepodobna było oszukać tego człowieka, który miał jakby dar podchwytywania myśli na dnie najbardziej tajemniczych serc. Obyczaje wszystkich narodów świata i ich mądrości streszczały się na jego zimnej twarzy, tak jak wytwory całego świata nagromadzone były w jego zapylonych składach. Wyczytalibyście w niej jasnowidzący spokój Boga który widzi wszystko, lub pyszną siłę człowieka który widział wszystko. Zapomocą dwóch różnych wyrazów i w dwóch pociągnięciach pendzla, malarz zrobiłby z tej twarzy piękny obraz przedwiecznego Ojca lub też drwiącą maskę Mefistofelesa; była w niej bowiem najwyższa potęga na czole i posępne szyderstwo na ustach. Miażdżąc wszystkie ludzkie cierpienia bezgraniczną mocą, człowiek ten musiał zabić ziemskie radości. Skazaniec zadrżał odgadując że ten stary Duch zamieszkuje sferę leżącą poza światem, i żyje w niej sam, bez radości bo nie ma już złudzeń, bez cierpień bo nie zna już przyjemności. Starzec stał prosto, nieruchomy, niewruszony, jak gwiazda w chmurze światła. Jego zielone oczy, pełne jakiejś spokojnej złośliwości, zdawały się oświecać świat moralny, tak jak jego lampa oświecała ów tajemniczy gabinet.

Oto dziwne zjawisko, które zaskoczyło młodego człowieka w chwili gdy otworzył oczy, kołysany długo myślą o śmierci i fantastycznemi obrazami. Jeżeli zdrętwiał jakby oszołomiony, jeżeli dał się na chwilę opanować wierze godnej dziecka słuchającego niańczynych bajek, trzeba przypisać ten błąd owej zasłonie jaką zaduma rozsnuła na jego życiu i myślach, przedrażnieniu podnieconych nerwów, gwałtownemu dramatowi, którego sceny napoiły go okrutną rozkoszą zawartą w kawałku opium. Wizja ta zdarzyła się w Paryżu, na quai Voltaire, w XIX wieku, czyli w czasie i miejscu w których magja powinnaby być niemożliwa. Nieznajomy - bliski sąsiad domu gdzie wyzionął ducha bóg francuskiego niedowiarstwa, uczeń Gay-Lussaka i Araga, gardzący kuglarstwami ludzi dzierżących władzę - nieznajomy poddawał się bezwątpienia jedynie owemu poetyckiemu urzeczeniu, któremu dajemy się często zagarnąć, jakgdyby dla ucieczki przed ową rozpaczliwą prawdą, jakgdyby dla kuszenia potęgi Boga. Drżał tedy pod światłem starca, zgięty niewytłómaczonym poczuciem jakiejś dziwnej mocy; ale wzruszenie to było podobne owemu jakiego doznawaliśmy wszyscy wobec Napoleona, lub wobec jakiegoś wielkiego człowieka błyszczącego genjuszem i odzianego chwałą.

- Czy pan chce zobaczyć portret Chrystusa pendzla Rafaela? rzekł uprzejmie starzec, głosem którego jasny i ostry dźwięk miał coś metalicznego.

I postawił lampę na słupie strzaskanej kolumny, tak iż cały blask padał na ciemną skrzynkę.

Słysząc te wielkie imiona, Chrystusa i Rafaela, młody człowiek uczynił mimowoli gest zaciekawienia, zapewne oczekiwany przez kupca, który pocisnął sprężynę. Natychmiast mahoniowe wieko opadło bez szelestu i odsłoniło płótno zachwyconym oczom nieznajomego. Na widok tego nieśmiertelnego dzieła, zapomniał o swych majakach, o sennych urojeniach, stał się znów człowiekiem, poznał w starcu istotę z krwi i ciała, zupełnie żywą, zgoła nie urojoną; - odżył w rzeczywistym świecie. Tkliwa dobroć, słodka pogoda boskiej twarzy oddziałały nań natychmiast. Jakaś spływająca z niebios woń rozprószyła piekące tortury które paliły mu szpik. Głowa Zbawiciela świata zdawała się wynurzać z mroków czarnego tła; aureola promieni błyszczała żywym blaskiem dokoła włosów od których biło to światło; pod czołem, pod oblekającem je ciałem czuć było wymowne przeświadczenie, które wydzielało się z każdego rysu lotnym i wnikliwym strumieniem. Czerwone wargi głosiły przed chwilą słowa życia, a widz szukał w powietrzu ich świętego podźwięku, żądał od ciszy uroczych przypowieści, słuchał ich w przyszłości, odnajdywał w naukach przeszłości. Ewangelja wyrażała się spokojną prostotą tych czarujących oczu, do których uciekały się znękane dusze. Słowem, czytało się tam całą religję katolicką w słodkim i wspaniałym uśmiechu, zdającym się wyrażać tę zasadę w której się ona streszcza: Miłujcie się wzajem. Obraz ten rodził w duszy modlitwę, zalecał przebaczenie, tłumił egoizm, budził wszystkie uśpione cnoty. Posiadłszy przywilej czarów muzyki, dzieło Rafaela rzucało widza pod przemożny urok wspomnień, i tryumf jego był zupełny, zapominało się malarza. Czar światła potęgował jeszcze ten cud: chwilami zdawało się że głowa porusza się w oddali, na tle jakiejś chmury.

- Pokryłem to płótno sztukami złota, rzekł zimno kupiec.

- A więc, trzeba będzie umrzeć! wykrzyknął młody człowiek, budząc się z zadumy, której ostatnia myśl przywiodła go z powrotem do jego nieszczęsnej doli, odciągając go, mocą niepochwytnych wniosków, od ostatniej nadziei której się czepił.

- A! miałem tedy słuszność żem ci nie ufał! odparł starzec chwytając obie ręce młodego człowieka i ściskając je za garście w jednej swojej dłoni jak w kleszczach.

Nieznajomy uśmiechnął się smutnie z tej omyłki i rzekł łagodnie:

- Och, panie, niech się pan niczego nie lęka: chodzi o moje życie nie o pańskie... Czemu nie miałbym się przyznać do niewinnego podstępu? dodał objąwszy wzrokiem niespokojnego starca. Czekając nocy, aby się móc utopić bez zbiegowiska, przyszedłem obejrzeć pańskie skarby. Któżby nie wybaczył tej ostatniej przyjemności uczonemu i poecie?

Słuchając tych słów, podejrzliwy kupiec zmierzył bystrem okiem posępną twarz rzekomego klijenta. Uspokojony rychło akcentem tego bolesnego głosu, lub też czytając może w tych wybladłych rysach złowrogie losy które niedawno przyprawiły o dreszcz graczy, puścił mu ręce; ale, przez resztkę podejrzliwości świadczącej o stuletniem niemal doświadczeniu, wyciągnął niedbale ramię w stronę stołu, jakgdyby chcąc się oprzeć, poczem, biorąc zeń sztylet, rzekł:

- Czy jesteś od trzech lat nadetatowym urzędniczkiem, daremnie czekającym gratyfikacji?

Nieznajomy, czyniąc gest przeczący, nie mógł się wstrzymać od uśmiechu.

- Czy ojciec twój zbyt żywo ci wyrzucał twoje przyjście na świat? lub też czyś się shańbił?

- Gdybym chciał się shańbić, mógłbym żyć!

- Czy cię wygwizdano w Funambules? lub też czy jesteś zniewolony klecić kuplety aby opłacić pogrzeb kochanki? A może cierpisz na chorobę złota? Czy chcesz zabić nudę? Słowem, co za omyłka pcha cię do śmierci?

- Niech pan nie szuka przyczyn mojej śmierci w pospolitych racjach, które powodują większość samobójstw. Aby sobie oszczędzić odsłaniania cierpień niesłychanych i trudnych do wyrażenia w ludzkim języku, powiem panu, że znajduję się w najgłębszej, najplugawszej, najdokuczliwszej nędzy. I, dodał tonem którego zuchwała duma przeczyła poprzednim słowom, nie chcę żebrać ani pomocy ani pociechy.

- Ho, ho!

Te dwie zgłoski, które zrazu były jedyną odpowiedzią starca, przypominały skrzek grzechotki. Poczem dodał:

- Nie zmuszając cię abyś mnie błagał, nie każąc ci się rumienić i nie dając ci ani francuskiego centyma, ani lewantyńskiego para, ani sycylijskiego tarena, ani niemieckiego halerza, ani rosyjskiej kopiejki, ani szkockiego fartinga, ani też ani jednej sestercji lub obola starego świata i piastra nowego, nie ofiarując ci nic a nic w złocie, srebrze, miedzi, papierze, obligu, chcę cię uczynić bogatszym, potężniejszym i bardziej szanowanym od konstytucyjnego króla.

Młody człowiek sądził że starzec jest zdziecinniały; stał w odrętwieniu nie śmiejąc odpowiedzieć.

- Odwróć się, rzekł kupiec ujmując nagle lampę aby skierować jej światło na ścianę naprzeciw portretu, i spójrz na ten JASZCZUR.

Młody człowiek powstał nagle i uczynił gest zdumienia, widząc nad krzesłem na którem siedział, zawieszony na ścianie kawał jaszczuru o rozmiarach nie większych niż skóra lisa; ale, jakąś mocą zrazu niewytłómaczoną, skóra ta rzucała wśród ciemności panującej w sklepie promienie tak jasne, iż rzeklibyście mały kometa. Młody niedowiarek zbliżył się do owego rzekomego talizmanu, mającego go chronić od nieszczęścia; drwiąca myśl zaświtała w jego głowie. Mimo to, wiedziony zrozumiałą ciekawością, pochylił się aby obejrzeć skórę ze wszystkich stron i odkrył niebawem naturalną przyczynę tego świetlnego fenomenu. Czarne ziarna jaszczuru były tak starannie wypolerowane i poczernione, kapryśne bruzdki były tak schludne i czyste, iż, podobne ściankom granatu, nierówności tej wschodniej skóry tworzyły tyleż małych ognisk żywo odbijających światło. Gość wykazał matematycznie mechanizm tego zjawiska starcowi, który, za całą odpowiedź, uśmiechnął się złośliwie. Ten uśmiech wyższości obudził w młodym uczonym podejrzenie, że jest w tej chwili ofiarą jakiegoś kuglarstwa. Nie chcąc unosić do grobu jednej zagadki więcej, odwrócił żywo skórę, niby dziecko pragnące poznać tajemnice swojej nowej zabawki.

- Ho! ho! wykrzyknął, oto odcisk pieczęci, którą mieszkańcy Wschodu nazywają pieczęcią Salomona.

- Znasz ją tedy? spytał kupiec, wypuszczając przez nozdrza kłąb powietrza, wyrażający więcej myśli niżby ich można było wyrazić najenergiczniejszemi słowy.

- Czy istnieje na świecie człowiek dość naiwny aby wierzyć w te baśnie? wykrzyknął młody człowiek podniecony tym niemym i pełnym dotkliwego szyderstwa śmiechem. Czy pan nie wie, dodał, że zabobony Wschodu uświęciły mistyczną formę oraz kłamliwe znamiona tego godłla przedstawiającego bajeczną władzę? Nie sądzę, abym, w danej okoliczności, bardziej zasługiwał na pośmiewisko, niż gdybym mówił o sfinksach lub gryfach, których istnienie jest poniekąd mitologicznie przyjęte.

- Skoro jesteś orjentalistą, odparł starzec, może przeczytasz tę sentencję.

Zbliżył lampę do talizmanu, który młody człowiek trzymał lewą stroną, i ukazał mu głoski odciśnięte w tkance tej cudownej skóry, tak jak gdyby były wytworem zwierzęcia do którego należała ona niegdyś.

- Wyznaję, wykrzyknął nieznajomy, że nie domyślam się sposobu jakim się posłużono aby wyryć tak głęboko te litery na skórze onagra.

I, odwracając się żywo ku stołom zarzuconym osobliwościami, zdawał się szukać czegoś wzrokiem.

- Czego chcesz? spytał starzec.

- Narzędzia aby przeciąć ten jaszczur, dla zbadania czy litery są odciśnięte czy inkrustowane.

Starzec podał swój sztylet nieznajomemu, który go wziął i próbował naciąć skórę w miejscu gdzie były wypisane słowa; ale, kiedy zdjął lekką warstwę skóry, litery ukazały się tak wyraźne i tak tożsame z temi które były na powierzchni, iż przez chwilę zdawało mu się że nic nie tknął.

- Przemysł lewantyński ma swoje tajemnice, które w istocie przynależą tylko jemu, rzekł patrząc na wschodnią sentencję z pewnym niepokojem.

- Tak, odparł starzec, lepiej to złożyć na ludzi niż na Boga!

Tajemnicze słowa były rozmieszczone w następujący sposób:

 

 

 

Co znaczyło:

 

JEŚLI MNIE POSIĘDZIESZ, POSIĘDZIESZ WSZYSTKO. ALE

TWOJE ŻYCIE BĘDZIE NALEŻAŁO DO MNIE. BÓG

TAK CHCIAŁ. PRAGNIJ, A TWOJE PRAGNIENIA

BĘDĄ SPEŁNIONE. ALE MIARKUJ SWOJE PRA-

GNIENIA WEDLE SWEGO ŻYCIA. ONO

JEST TU. ZA KAŻDEM PRAGNIENIEM

SKURCZĘ SIĘ JAK TWOJE DNI.

CHCESZ MNIE? BIERZ. BÓG

CIĘ WYSŁUCHA. NIECH

SIĘ STANIE!

 

 

- A! ty czytasz biegle sanskryt, rzekł starzec. Czyś może bywał w Persji albo w Bengalu?